Sortie de la 3e édition de la Cuve 38, une cuvée perpétuelle imaginée pour transmettre d’une vendange à l’autre la constance du style Henriot. Composé cette année de 20 vendanges, ce champagne « multigénérationnel » est un cas à part.

Pour présenter la troisième édition de la Cuve 38, la Maison Henriot avait choisi le Musée Cernuschi (Musée des arts de l’Asie de la ville de Paris), sous l’immense statue de bronze d’un Bouddha Amida du XVIIIe siècle. Un Bouddha bienveillant dont la prière sur son lit de mort favoriserait une réincarnation heureuse.
Quelle meilleure image pour cette cuvée de prestige, la Cuve 38, réserve perpétuelle symbolisant la transmission, ainsi que le style et l’art d’assemblage de la Maison Henriot ? « Le champagne aide à l’émerveillement », rappelé Gilles de Larouzière, président du holding d’Henriot, citant Georges Sand. « C’est l’émerveillement d’un lieu magnifique et d’un vin hors du commun, leg merveilleux de mon oncle, renaissance et réinvention permanente. »

Même ton enthousiaste du côté de Laurent Fresnet, chef de caves. « C’est un champagne addictif, sourit-il. On prend le verre et on ne le lâche plus tant il évolue : fraîcheur citronnelle et minérale, il monte peu à peu en température vers le floral et le fruité de la pêche de vigne, puis apparaissent les notes de viennoiserie, vanille, beurre salé. » Dont acte, c’est cet unique champagne Cuve 38 « millefeuille organoleptique » qui a été servi tout au long du repas, répondant à tour de rôle à un menu de haute volée.

Cette cuvée rare n’est commercialisée chaque année qu’à 1000 exemplaires, et uniquement en magnums, sertis dans des coffrets épurés et luxueux (580 €). Pour cette 3e édition, ce sont 20 vendanges qui composent la Cuve 38, de 1990 à 2009, soit un âge moyen 10,5 ans, à quoi s’ajoutent 5 ans de vieillissement sur lie… un vin de 15 ans d’âge moyen, plein de fraîcheur.
Chaque année, 15 % de la cuve 38 est prélevé et remplacé d’une sélection de chardonnays grands crus de l’année (Chouilly, Avize, Mesnil et Oger). Quand au nectar extrait, il est pour une partie tiré en magnums pour constituer la future Cuve 38 (Deuxième fermentation et élevage en caves pendant de longues années). L’autre petite partie entre dans les assemblages du brut, du blanc de blancs et du rosé. Une sorte de message homéopathique chargé de transmettre aux autres cuvées l’essence du style Henriot. Là aussi, une forme de réincarnation !