Photo Frédérique Hermine.
Photo Frédérique Hermine.

La maison Henriot sort une deuxième version de la Cuve 38, assemblage « perpétuel » de grands chardonnays de 1990 à 2010.

« Mon père a démarré ce projet il y a 25 ans, raconte Thomas Henriot, le directeur général de la maison éponyme, évoquant la mémoire de Joseph disparu au printemps dernier. Comme il commençait à s’ennuyer, il a cherché une idée nouvelle pour valoriser les deux forces de la maison : les grands chardonnays de la Côte des Blancs (Mesnil s/ Oger, Chouilly, Avize et Oger) et l’art de l’assemblage. Il a alors isolé au fil des années des vins remis ensuite en boucle pour une cuvée perpétuelle… dans la cuve 38 ». Une forme de « solera » dans laquelle chaque année, 3 à 20% de la vendange des quatre villages sont ajoutés par Laurent Fresnet, le chef de caves. L’art d’Henriot réside d’autant plus dans l’assemblage que la maison a peu de vignes en propre, une trentaine d’hectares, complétés par 180 en « appro », et travaille avec les vins d’une soixantaine de vignerons de la société coopérative rémoise « Palmer » .

En magnums seulement

La Cuve 38 est à 100% chardonnay. « La première fois que je l’ai goûtée, je me suis dit que l’on avait un pied à Chablis, l’autre à Meursault » commente Thomas Henriot. Le premier tirage en 2009 a été embouteillé fin 2014; le deuxième qui contient un peu du beau millésime 2008 a été réalisé en 2010, toujours embouteillé en magnum, un millier en édition limitée (500 €). « Chaque année, la copie repart ainsi à zéro. Nous avons beaucoup douté car nous avions peu d’éléments de comparaison en Champagne, mais cette Cuve 38 reflète bien le style de la maison » estime le fils cadet de Joseph. Un vin droit et élégant, peu dosé (autour de 3, 5 g), avec un fruité discret, une belle minéralité crémeuse et des arômes de brioche fraîche, de fleurs blanches sur des notes d’agrumes confits, d’abricot et de miel. Prochaine Cuve 38 « perpétuelle » prévue fin 2016.