Bordeaux : zoom sur la licence professionnelle d’oenotourisme

TerreDeVins |  Vendredi 11 avril, 2014

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licenceoenobordeaux

Cette formation en un an, accessible au niveau Bac+2, est la deuxième dédiée au tourisme viticole en France. Des élèves compétents à la fois en viticulture et en tourisme, des professionnels réceptifs… depuis sa création il y a trois ans, le cursus se fait un nom. Et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

« Faire comprendre aux professionnels que nous sommes pour eux une source de rentabilité », telle est l’ambition des élèves la licence professionnelle d’oenotourisme de Bordeaux (Université Bordeaux Segalen). La force de ce cursus, qui fête son 3ème anniversaire cette année : la compétence transversale de ses diplômés. En un an, les élèves sont à la fois formés en oenotourisme et en viticulture/œnologie. Des profils intéressants pour les propriétés, dans une période où l’oenotourisme est en plein essor.

« Cette licence est très complète explique Mélanie Giraux, secrétaire de l’association de la licence professionnelle d’oenotourisme de Bordeaux. Nous avons des cours à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, au lycée d’hôtellerie et de tourisme de Gascogne et au CIVB. En plus des formations en vin et tourisme, nous étudions aussi la sommellerie, l’événementiel ou le marketing. Et nous avons des cours dispensés en anglais. Sans oublier les 8h de dégustations par semaine. » Les assemblages sont la force de la licence. Les 19 élèves sont recrutés dans le monde de la viticulture et du tourisme. Seule la moitié est originaire de Bordeaux. Une preuve pour la secrétaire que la licence commence à être connue et reconnue au-delà du Bordelais.

Du concret

« Nous sommes sans cesse en contact avec le milieu professionnel » explique Mélanie Giraux. Les enseignements sont assurés par des professionnels du tourisme et du vin (CIVB, conseil régional, office de tourisme de Bordeaux, comités de tourisme, mais aussi viticulteurs, sommeliers et œnologues). La vie active n’effraie pas les élèves. « Nous avons tous au moins un DUT ou un BTS. Nous sommes nombreux à avoir déjà travaillé avant la formation. Ces profils sont appréciés » explique la secrétaire de l’association.

Dans ce souci de professionnalisation, le cursus est ponctué de stages. Dès le début de l’année, les élèves suivent quinze jours de remise à niveau. En viticulture/oenologie pour ceux issus de tourisme et vice-versa. Mais l’expérience la plus importante est le stage terminal de quatre mois. Chaque élève met en place un projet de développement oenotouristique, dont il fait ensuite l’application concrète sur son lieu de stage. Mélanie Giraux, elle-même stagiaire au château Vieux Mougnac (Bordeaux supérieur), témoigne : « J’ai créé une activité autour du Best of wine tourism reçu par la propriété cette année dans la catégorie ‘’ Valorisation des pratiques environnementales ‘’. Des ateliers terroirs animés par le paysan-vigneron sont proposés au château. » Et le projet semble enthousiasmer les visiteurs. « Des touristes norvégiens ont déjà testé l’atelier le week-end dernier. Ils sont ravis de pouvoir échanger directement avec le viticulteur » précise-t-elle.

Des professionnels conquis

« Les professionnels nous connaissent bien, nous nous faisons beaucoup de contacts pendant cette année » explique Mélanie Giraux. Et les retours sont positifs. « Depuis l’ouverture de cette licence, nous avons reçu des étudiants en stage sur nos domaines. Motivés, appliqués, investis, ils dynamisent le secteur oenotourisme, en plein essor aujourd’hui » selon Claire Ballarin, directrice oenotourisme au château Pape Clément (Pessac). Enthousiasme partagé par Hélène Richet, directrice de l’office de tourisme de Cubzaguais : « ces étudiants amènent un regard nouveau et extérieur, de nouvelles idées… Et un coup de main non négligeable » selon elle.
Quels débouchés ?
Cette réputation positive et le solide réseau professionnel facilitent l’insertion des élèves. « La première promotion a eu des difficultés à s’intégrer directement après le diplôme, le cursus était encore peu connu. Beaucoup d’élèves sont partis en Napa Valley. L’an dernier, la Bourgogne et l’Alsace, très dynamiques en oenotourisme ont accueilli plusieurs étudiants » confie-t-elle. Mais cette année, les efforts de l’association pour donner plus de rayonnement à la licence semblent payer dans la région. Château Pape Clément, château d’Agassac, office de tourisme du Cubzaguais, « nous sommes plusieurs à être en stage dans le Bordelais. Il y a beaucoup de promesses d’embauche dans notre promotion » se réjouit Mélanie Giraux.
Preuve supplémentaire que la stratégie de promotion de la licence est payante ? Le gala organisé le 3 avril dernier, sur le thème « Les vins d’ici et d’ailleurs » a eu un franc succès. « Nous attendions 150 personnes. Non seulement nous avons atteint ce quota, mais nous avons même dû refuser du monde » précise la secrétaire. Une belle performance, surtout en pleine semaine des primeurs à Bordeaux.

Laura Bernaulte

Commentaires 1

  1. Mikman
    12/04/2014 | 9 h 03 min
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    Détail : l’université Victor Segalen Bordeaux2 n’existe plus depuis le 1er janvier 2014.

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