Idealwine, leader mondial des enchères en ligne de vin, vient de présenter son baromètre annuel. Une mine d’informations sur les grandes tendances de l’année écoulée. Les grands vins sont plus recherchés que jamais, rejoints par quelques nouveaux trésors. Mais de belles affaires sont encore possibles.

Jusqu’où la quête effrénée pour certaines bouteilles ira-t-elle ? C’est ce que l’on est en droit de se demander au vu des grands enseignements tirés par le baromètre Idealwine 2022 des enchères de vin. Avec ses 190 164 flacons vendus l’an passé au cours de 48 ventes pour un montant total d’adjudications de 27,4 millions d’euros, Idealwine est en première ligne pour percevoir les grandes tendances auprès des amateurs et collectionneurs de vins. Ces derniers, qui viennent de 60 pays différents, demeurent majoritairement français (49%), suivis par les autres Européens (29%) et les Asiatiques (18%). Et ils sont prêts à débourser toujours davantage pour acquérir des vins. En effet, si Idealwine a connu une augmentation de 7% en volume de ses ventes, celles-ci ont bondi de 17% en valeur. L’effet prix est indéniable et se traduit aussi dans le prix moyen de la bouteille qui lui aussi progresse à 139€ (+9%). Alors quelles sont les régions et les crus qui dynamisent le marché ? Sans surprise, 3 régions cumulent à elles seules les ¾ des volumes et 84% de la valeur. Bordeaux reste la région qui voit le plus grand nombre de flacons échangés (40,5%), loin devant la Bourgogne (22%) et le Rhône (11,8%). Mais côté valeur, la Bourgogne confirme son envol constaté depuis plusieurs années et vient désormais tutoyer Bordeaux (38,3% vs. 33,9%). Une tendance lourde qui se traduit notamment par le prix moyen par bouteille le plus élevé (242€, en hausse de 33% sur un an !). Sans surprise, c’est aussi la Bourgogne qui monopolise les hauts de classements, qu’il s’agisse des bouteilles les plus chères vendues en 2021 (un double-magnum d’Echézeaux 2006 du domaine Bizot parti pour 41 752€, une bouteille de Musigny 2006 du domaine Leroy vendue pour 28 244€ – et, au global 40 des 50 lots les plus chers vendus), mais aussi des propriétés les plus attractives pour les amateurs. Le domaine de la Romanée-Conti demeure inlassablement celui qui contribue au plus grand échange de valeur, avec 1,5 millions d’euros pour 413 flacons vendus. Les stars que sont les domaines Coche-Dury, d’Auvenay, Armand Rousseau ou Georges Roumier tiennent aussi le haut du pavé. Les grands Bordeaux font encore très bonne figure. Petrus, Mouton-Rothschild, Lafite-Rothschild, Margaux ainsi que Haut-Brion appartiennent au top 10 des domaines ayant généré le plus de chiffres de ventes. Avec toutefois une surprise, celle de Château Rayas qui a littéralement explosé les ventes, représentant (avec ses différents satellites), le 2ème domaine le plus actif (1,2 millions d’euros).

Les autres régions à surveiller avec de futures stars

Si la Bourgogne semble plus que jamais inaccessible, d’autres régions suscitent logiquement un intérêt renouvelé. La Loire n’a ainsi jamais été aussi dynamique. 4ème région en volume et 5ème en valeur, elle est assurément celle qui attire pour ses excellents vins blancs (contrairement à a tendance générale des enchères où 76% des ventes concernent des vins rouges). De très grands noms ne sont pas encore trop touchés par les phénomènes de spéculation mais pour combien de temps encore ? Car outre le Clos Rougeard, quelques autres domaines commencent aussi à être starifiés. A ce titre, Stéphane Bernaudeau ou les Jardins Esméraldins sont très éclairants. Le premier voit sa cuvée Les Nourrissons atteindre des sommets de prix (630€) quant le second a vu le prix moyen de ses bouteilles s’envoler (773€, +85% en un an). Ils témoignent en outre d’une lame de fond. Celle de l’intérêt croissant pour les vins bios, biodynamiques et sans sulfites qui représentent aujourd’hui ¼ des ventes aux enchères d’Idealwine. Aux côtés de la Loire, le Jura est plébiscité sur ce créneau. Et plus généralement, les résultats 2021 permettent d’identifier des frémissements sur celles et ceux qui, à n’en pas douter, seront les futures stars des enchères. Pierre Beauger en Auvergne fait partie de ceux-là. On pourrait citer également Pedres Blanques dans le Languedoc, le domaine des Miroirs ou Adeline Houillon dans le Jura. Et pour réussir à mettre la main sur de véritables trésors sous-valorisés, direction le Beaujolais et l’Alsace. Mais chut, c’est un secret encore (un peu) gardé…