(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

C’est un jeune domaine de moins de dix ans qui participe pour la première fois à Lyon Tasting. Déjà bien implanté à Lyon, Jean-François Jacouton voulait faire le relais avec ses distributeurs et restaurateurs et gagner en image.

Les grands parents de Jean-François étaient déjà viticulteurs mais l’exploitation avait été partagée à la génération suivante. Diplôme viti-œno en poche au début des années 90, le jeune vigneron rêve d’un domaine Jacouton. Maurice Courbis chez qui il a démarré son métier propose même de lui donner un coup de pouce en se portant caution pour l’achat de quelques îlots vitrines en coteaux « mais mes parents qui avaient peiné dans l’agriculture avaient trop peur que je n’arrive pas à en vivre » confie Jean-François. Après un passage en Côte Rôtie et en Savoie, il revient en 2003 pour prendre des parts de coopérateur à la cave de Tain et saute le pas en 2009. “Je voulais vinifier mes raisins, rencontrer les clients, être vigneron et pas seulement viticulteur”. Autre coup de pouce d’une référence en Saint-Joseph, Joël Durand, qui lui propose de venir travailler avec lui et de vinifier sa production dans un coin de la cave. D’abord en fermages, il rachète quelques parcelles dont la dernière en Sainte Épine. Il travaille aujourd’hui sur 5,5 hectares sans désherbant, vinifie des raisins surtout en Saint-Joseph. “J’essaie encore de grappiller des vignes car mon fils est en viti-œno. Et je me suis lancé dans un micro-négoce en partenariat avec des amis et ça apporte aussi des opportunités de rachat”.

Jean-François va replanter des syrahs sur l’AOC Crozes-Hermitage à la place des abricotiers, profite de 2,5 ha en Saint-Jo et joue le chasselas et le viognier à 400 m d’altitude en IGP Collines Rhodaniennes car « depuis mon passage en Savoie, j’ai le goût de la fraîcheur minérale. Je voudrais replanter davantage de chasselas près du viognier, sur le granit, car les parcelles dans le centre de Vions sont vouées à disparaître avec la pression foncière. Il y a 40 ans, mon grand-père le vinifiait déjà pour sa consommation domestique. Aujourd’hui, il apporte l’élégance et la patine ».

Terre de Vins à aimé :

Saint Joseph blanc Souvenir d’André 2017 (20€)
La dernière vigne plantée par son grand père dont il a récupéré 6-7000 m2 de marsanne associée à la roussanne et élevé 10 mois en vieilles barriques de 1 à 3 vins. Un vin floral (acacia, verveine) sur des arômes de fruits blancs, de belle fraîcheur, rond sur la finesse.

Saint Joseph rouge Terres d’Iserand 2017 (22€)
Du nom du vieux château féodal de Vions. Un assemblage des parcelles de Vions élevé 15-20 mois en barriques (à près de 20% neuves).. des fruits rouges, droit et acidulé sur les épices douces et un grillé discret.

Saint-Joseph rouge Chemin de Sainte Épine 2017 (28€)
C’est le 1er millésime vinifié par Jean-François sur ce lieu dit de Saint-Jean de Muzols, berceau de l’appellation. Une parcelle de 38 âtres désormais en propriété avec un potentiel d’un demi hectare. Un vin à la fois puissant et à la texture soyeuse sur des rimes d’olives et de garrigue, d’une grande finesse.