A l’ouverture de la semaine des primeurs, qui débute ce lundi, zoom sur les tenants et aboutissants du millésime 2017 qui se dévoile aux professionnels avec Mathieu Chadronnier, Directeur Général de la maison de négoce bordelaise CVBG.

« Les Primeurs concernent un tout petit nombre de crus, à l’échelle de Bordeaux, environ 200 en tout, commence par rappeler en préambule Mathieu Chadronnier. Sur ces 200 étiquettes, après avoir goûté très largement ce millésime 2017, la bonne surprise est le niveau qualitatif vraiment élevé, avec une qualité très homogène, contrairement à ce qu’on a pu redouter à un certain moment. » Mais si la qualité est largement au rendez-vous, les volumes produits sont eux hétérogènes, victimes des épisodes de gel qui ont touché le vignoble bordelais au printemps. « Sur ce millésime 2017, la situation va de propriétés – et elles sont assez nombreuses, en particulier rive droite – qui ne produisent rien, à des propriétés qui ont une récolte normale  » expose le directeur général.

Pour autant, malgré ces aléas, l’enthousiasme des professionnels semble bel et bien au rendez-vous, aux dires de Mathieu Chadronnier. « L’enjeu de la campagne primeurs, c’est la dégustation de nos clients pendant la semaine, qui viennent nombreux. Là aussi c’est une bonne surprise de voir que le nombre de professionnels qui viennent déguster à Bordeaux est très proche de l’an dernier. Beaucoup de châteaux nous disent avoir autant de monde que l’année passée, voire plus. De toute évidence, l’intérêt pour Bordeaux est là et semble assez fort, et il y a une curiosité positive pour le 2017, constate-t-il. Je pense que les clients se disent que ce millésime-là demande encore plus d’attention dans la dégustation que des millésimes dont la réussite est plus large, comme 2015 ou 2016. »

Après les primeurs, les prix

Immédiatement après la semaine des dégustations ne manquera pas de surgir la question de la fixation des prix. Les quantités hétérogènes du millésime auront-elles un impact sur ces prix en primeurs ? « Je ne crois pas, répond Mathieu Chadronnier. Le marché des primeurs suit beaucoup plus des logiques de demande que des logiques de volume de production impactés par le gel. 2015 et 2016 ont été deux très belles campagnes. La question des prix du millésime 2017 va tenir sur le niveau qualitatif, ce n’est pas un grand millésime comme 2015 et 2016, mais c’est un très bon millésime, c’est une vraie bonne surprise. » A suivre de près.

Ci-dessous : Mathieu Chadronnier, CVBG.