Après un beau 2015, 2016 est globalement annoncé comme un cran au-dessus. Que préconise le négoce en termes de prix pour ce millésime 2016 ? La réponse du directeur-général de la maison de négoce bordelaise CVBG.

« C’est à nouveau un très grand millésime, constate Mathieu Chadronnier. Les vins sont-ils meilleurs qu’en 2015 ? Dans certains cas oui, mais 2016 est surtout un millésime à la réussite beaucoup plus générale et homogène. Ce qu’il y a de plus fascinant sur ce millésime, c’est sa singularité. Il ne ressemble à aucun autre. Je ne connais pas un millésime à Bordeaux qui ait eu à la fois cette richesse tannique, cette suavité et cette fraîcheur. Le plus souvent, le très grand millésime bordelais est solaire, avec des vins opulents et puissants, voire exubérants. Là, on est sur des vins avec un peu plus de retenue, beaucoup plus de fraîcheur et qui ne dégagent pas la sensation de puissance qu’on peut avoir dans les 2010 par exemple. Mais ce sont des vins incroyablement complets, magnifiques, auxquels il ne manque rien mais qui n’ont rien en trop non plus. » Au vu de cet enthousiasme, côté prix, une envolée est-elle à prévoir ? « Déjà parler de prix, ce n’est pas facile. Les vins sont de très haut niveau, le marché des grands vins se porte bien, il est dynamique. Il y a un regain d’intérêt large et franc pour les vins de Bordeaux. On ne parle plus du tout aujourd’hui de Bordeaux bashing. Comment cela se traduira dans les prix au moment des sorties ? On ne le sait pas. La seule chose que l’on sait c’est que Guiraud est sorti au même prix que l’an dernier. Ce qui va se passer dans cette semaine des primeurs lorsque les clients sont là va être déterminant. »