Après Saint-Emilion, les « coteaux, maisons et caves de Champagne » et les climats de Bourgogne, les paysages de l’Entre-Deux-Mers bordelais briguent eux aussi leur inscription. La démarche est en cours, portée par une belle synergie locale.

« Pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial, les sites doivent avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection » peut-on lire sur le site de l’UNESCO. Avec ses coteaux de vignes plongeant dans la Garonne, ses églises et bâtisses séculaires, et tout un savoir-faire à découvrir au fil de l’œnotourisme, Cadillac Côtes de Bordeaux sera-t-il le 4e vignoble français inscrit au titre du patrimoine mondial de l’humanité ? C’est en tout cas l’ambition et l’espoir des vignerons de l’appellation qui, en partenariat avec l’office de tourisme de l’Entre-Deux-Mers, ont initié depuis 2017 ce projet de reconnaissance.

« Tous les paysages du monde ne peuvent prétendre à être inscrits sur la liste du patrimoine mondial, le processus est extrêmement sélectif. Il est important de rappeler que la Convention et la liste du patrimoine mondial, ce n’est pas l’histoire du beau, de l’architecture ou des arts monumentaux, c’est l’histoire de l’Homme sous toutes ses facettes » explique Catherine Arteau, présidente honoraire du « Barde du Label » et de la fondation Terroir des paysages Culturels, qui soutient ce projet. Depuis deux ans, les vignerons et acteurs du territoire s’emploient à bâtir la « valeur universelle exceptionnelle », condition sine qua non de la reconnaissance. « Cela consiste à démontrer ce qu’on va apporter au niveau international et qui va traverser le temps, une valeur à protéger et partager » détaille Emma Baudry, directrice de l’appellation. Dans cette démonstration, la prochaine étape est l’établissement d’une étude, d’ici à fin décembre prochain, chargée d’établir un état des lieux sur le périmètre exact à présenter dans le dossier de classement. « Pour l’instant, nous sommes partis pour un classement au titre des paysages, mais l’étude déterminera si nous devons évoluer vers autre chose » expose Emma Baudry.

Pour atteindre le but escompté, c’est tout un territoire qui est en train de se fédérer autour de cette démarche de longue haleine. Un grand nombre de partenaires ont déjà été sollicités sur le dossier, communautés de communes, mairies, Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, écoles… « Il est capital de sensibiliser les élus et les habitants, et nous envisageons de monter une association qui gérerait le projet » précise Emma Baudry. La concertation avec les acteurs locaux et régionaux est vitale en amont comme en aval, pour assumer les répercussions d’un éventuel classement. En plus de la protection de la singularité des paysages et le savoir-faire historique, « le classement induit généralement une augmentation de 30% des recettes touristiques et économiques, d’importantes retombées en terme de notoriété en France et dans le monde, ainsi qu’un aménagement particulier du territoire, comme la création d’hôtels, parkings, restaurants… » énumère Emma Baudry. « En Cadillac Côtes de Bordeaux, nous avons notamment la volonté de faire du tourisme vert, d’utiliser l’existant et de bien penser la déserte. » Affaire à suivre de près.

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