Le classement des climats de Bourgogne au patrimoine mondial ce samedi 4 juillet ouvre une ère nouvelle oenotouristique pour la région, qui s’y est préparée de longue date.

Après des années d’efforts, la décision est enfin tombée il y a deux jours. La Bourgogne (au même titre que les coteaux champenois) a rejoint le cercle très fermé des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ce choix consacre le caractère unique et universel des climats de Bourgogne, ces 1247 parcelles de vignes différentes à la géologie et à l’exposition propres. Une richesse exceptionnelle façonnée au fil des siècles par les hommes, religieux ou civils, et rendue possible par un pouvoir politique conscient très tôt du rôle que pouvait jouer le vin dans son rayonnement. Ce sont toutes ces réalités que l’UNESCO a mis en lumière en inscrivant d’une part les vignes, le bâti spécifique que l’on y trouve (murets et cadolles de pierre), les villages et la ville de Beaune, capitale du vignoble. Mais aussi le centre historique de la ville de Dijon, capitale des Ducs de Bourgogne dont le rôle s’est avéré central durant le Haut Moyen-Âge. Les bases d’une viticulture de qualité ont en effet été posées par Philippe le Hardi avec son ordonnance de 1395 qui interdisait notamment le gamay au profit du pinot noir.

20% de touristes en plus attendus en Bourgogne

Tous les acteurs qui ont travaillé à la réussite de ce projet se sont préparés à l’après-classement. Comme le rappelle Françoise Bidot, responsable marketing de l’office de tourisme de Beaune, « les sites qui sont classés par l’UNESCO reçoivent en moyenne un afflux de 20% de visiteurs supplémentaires ». Et les principaux sites touristiques sont en ordre de bataille, à l’image du Château du clos de Vougeot qui accueille aujourd’hui 50 000 visiteurs par an. Cette auguste bâtisse, construite en 1551 en complément des bâtiments d’exploitation viticole initialement élevés par les moines de l’abbaye de Cîteaux, vient ainsi de se doter de bornes numériques tactiles. Un moyen de « faire parler les murs » et de « découvrir en s’amusant à tout âge » si l’on en croit Arnaud Orsel, directeur adjoint de la confrérie des chevaliers du Tastevin. Point d’évolution majeure en revanche à l’Hôtel-Dieu des Hospices de Beaune, autre incontournable du patrimoine bourguignon symbolisé par ses tuiles vernissées depuis sa fondation en 1443. Ouvert toute l’année avec des horaires larges, le musée reçoit déjà plus de 400 000 visiteurs et pourra donc aisément faire face. Tout comme l’office de tourisme de Beaune dont l’ensemble du personnel a été formé et sera à même de suggérer des parcours spécifiques à la découverte des climats.

Des parcours entre vignes et vieilles pierres

Le classement de la Bourgogne est l’occasion de venir redécouvrir la magie de cette langue de terre de 60 kilomètres de long entre Dijon et Beaune. Le centre historique de la capitale de la Bourgogne regorge ainsi de merveilles, miraculeusement préservées : tombeaux des ducs de Bourgogne au musée des beaux-arts, rues bordées d’hôtels particuliers Renaissance, cellier de Clairvaux datant du XIIème siècle. Mais les climats, ce sont aussi tous les villages de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune dont les noms reprennent justement leur climat le plus célèbre (la Romanée à Vosne, le Musigny à Chambolle ou le Montrachet à Chassagne). Des parcours historiques permettront, dès la mi-juillet, de « comprendre la construction historique du site des climats », comme le rappelle Krystel Lepresle, directrice de l’association des climats de Bourgogne. Un moyen de redécouvrir ce territoire qui connaît une nouvelle dynamique depuis sa déclaration de candidature il y a huit ans. Et Krystel Lepresle de conclure : « être labellisé UNESCO est une trajectoire d’excellence à laquelle il faut se tenir ». Nul doute que les touristes vivront un moment d’exception à la découverte des climats bourguignons.

Crédit photo : BIVB – A. Ibanez

www.climats-bourgogne.com
www.beaune-tourisme.fr
www.visitdijon.com