Ci-dessus : les vignes du château de Fargues, à Sauternes, durement touchées par la grêle.
Ci-dessus : les vignes du château de Fargues, à Sauternes, durement touchées par la grêle.

Alors que l’équipe de France disputait la finale de Coupe du Monde, des orages accompagnés de fortes pluies et grêlons poussés par des vents violents ont à nouveau éclaté ce dimanche 15 mai. Les vignobles du sud Médoc, de Langon-Sauternes, et de Bourg et Blaye ont été touchés.

Ce millésime 2018 n’aura décidément rien épargné aux viticulteurs bordelais. Après la grêle qui a frappé de plein fouet le vignoble bordelais fin mai, ravageant plus de 7000 ha de vignes, le sort s’acharne une nouvelle fois. Sur des zones très localisées, comme le plus souvent lors de ce genre d’épisode climatique spectaculaire, les grêlons ont parfois pu atteindre la taille de balles de golf, cisaillant tout sur leur passage. Selon les premières estimations, 2 000 ha auraient été endommagés. Les vignobles les plus atteints se situent dans le sud médoc et la zone Langon-Sauternes. Les vignes de Bourg et Blaye, déjà lourdement sinistrées fin mai,sont également concernées. L’heure est au passage dans les vignes pour évaluer les dégâts, et panser les plaies qui peuvent encore l’être.

Château de Fargues : 80 à 100% de surface impactée

Dans le sauternais, le château de Fargues a fait savoir dans un communiqué que ce dimanche, « à 16h30, alors que la France allait affronter la Croatie, le plus violent épisode de grêle jamais vu par Messieurs de Lur Saluces et Amirault a compromis la vendange du millésime 2018 du Château de Fargues en trente minutes. 80 à 100% de la récolte ont été détruits par des grêlons accompagnés de très fortes pluies (80 mm en 30 minutes).» Non-loin de là, l’intégralité du vignoble du château Guiraud a également été impactée. De nombreuses baies ont explosé sous la puissance de la chute de grêle, laissant la porte ouverte aux potentielles maladies de la vigne. La production du grand vin est « hautement compromise ». Dans les Graves, environ 500 ha seraient touchés, sur Langon, Roaillan, Saint-Pierre de Mons, Mazères.

La Lagune, « le coup de grâce »

Également au rang des propriétés les plus sinistrées, le château La Lagune, à Ludon Médoc. Dès lundi 16 juillet au matin, Caroline Frey parcourait les parcelles du 3e grand cru classé pour évaluer les dégâts. Et publiait à 17h32 sur son compte Facebook une photo accompagnée de la légende « Hier soir à La Lagune , le coup de grâce … », laissant imaginer la violence de l’épisode orageux. Sur le sol des parcelles, des grêlons de la taille d’oeufs de caille et des feuilles littéralement hachées.

Du côté des côtes de Bourg, parmi les zones les plus impactées, Mombrier principalement, mais aussi dans une moindre mesure Bourg, Lansac, Teuillac, Pugnac. Dans l’appellation limitrophe de Blaye-Côtes de Bordeaux, une dizaine de viticulteurs paraissent avoir été touchés sur une centaine d’hectares environ, contre plus d’une centaine lors du premier épisode fin mai.

Ci-dessous : photo des vignes de La Lagune postée sur Facebook par Caroline Frey