De gauche à droite : Philippe Massol (Cité du Vin),  Philippe Miecaze (Château Léognan),  Rodolphe Wartel (Terre de Vins).
De gauche à droite : Philippe Massol (Cité du Vin), Philippe Miecaze (Château Léognan), Rodolphe Wartel (Terre de Vins).

Ce matin, sur le Sicambre, 140 participants ont répondu présent à ce nouveau rendez-vous trimestriel initié par « Terre de Vins » et le CIVB en partenariat avec le Crédit Agricole et le quotidien Sud Ouest. Cette première édition était consacrée à l’impact de la Cité du Vin sur l’œnotourisme girondin, à quelques mois de son ouverture à Bordeaux, le 1er juin prochain.

« La Cité du Vin, c’est le totem dont nous avions besoin. Ce sera notre Guggenheim du vin ! » Ce sont les mots forts de Stephan Delaux (adjoint au maire de Bordeaux en charge du tourisme, de la promotion touristique du territoire, de l’animation de la ville et de la vie fluviale, et président de Bordeaux Tourisme et Congrès) ce matin sur le Sicambre lors de ce premier « Des Paroles et du Vin » consacré à la Cité du Vin (CDV). A ses côtés, pour amener leurs contributions au débat animé par Rodolphe Wartel, journaliste et directeur du magazine « Terre de Vins », étaient présents Philippe Massol (directeur général de la fondation pour la culture et les civilisations du vin), Didier Arino (directeur général de Protourisme) et Philippe Miecaze (propriétaire du château Léognan), ainsi que Bernard Farges, président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB).

« La plupart des gens qui arrivent à Bordeaux nous disent : comment fait-on pour découvrir le vin ? Jusque-là, nous n’avions pas grand chose à leur répondre de façon cohérente en terme de lieu centralisant toutes les explications » constate Stephan Delaux. Véritable centre névralgique de l’œnotourisme girondin, la CDV est cette réponse, à la fois porte d’entrée dans la ville de Bordeaux, vers le vignoble bordelais et vers le monde du vin en général. Un positionnement primordial au vu des six millions de touristes qui ont visité Bordeaux en 2015.

« Ambassade de tous les vins du monde »

Reflet du vin avec un grand « V », la CDV va au-delà des seuls vins de Bordeaux pour appréhender le vin dans son universalité. « Le visiteur pourra faire un grand voyage, un véritable tour du monde interactif du vin » promet Philippe Massol. Une ambassade mondiale se devant d’être à la hauteur de sa réputation, le projet ne pouvait qu’être « un projet ambitieux, un site à voir de l’intérieur comme de l’extérieur, à l’architecture contemporaine » explique-t-il. Un souhait respecté à merveille par l’agence d’architecture XTU qui a su créer un bâtiment dont les courbes s’intègrent dans une ville de Bordeaux en plein renouveau.

Vins du monde et vins de Bordeaux

Ouverte sur le monde et ses vins, la CDV n’en oublie pas pour autant la ville qui l’accueille, le vignoble bordelais et le fleuve. Lieu central, « la Cité matérialise en un seul et même lieu de manière forte l’harmonie entre la ville de Bordeaux, ses habitants et le monde du vin » explique Stephan Delaux. Pour Bernard Farges, la CDV est un outil d’exception pour le vin en général et les vins de Bordeaux en particulier. « La Cité doit nous permettre de recruter de nouveaux consommateurs. Nous avons de  »belles gueules » de viticulteurs et viticultrices à Bordeaux, il faut que les œnotouristes puissent aller à leur rencontre ! » Une mission à laquelle s’attellent de concert la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, et l’Office de Tourisme de Bordeaux, par le biais notamment du site internet « Bordeaux Wine Trip » visant à orienter les œnotouristes dans le vignoble. Fervent défenseur de l’œnotourisme, Philippe Miecaze, propriétaire du château Léognan, est lui aussi persuadé du bien-fondé de la rencontre à la propriété. « Il faut faire venir les gens pour leur faire découvrir le travail qu’il y a derrière le vin, ces hommes et ces femmes qui font le vin. Ils repartent souvent avec l’envie de devenir vigneron, c’est formidable ! » commente-t-il .

Belles perspectives chiffrées

Pas encore inaugurée que les compteurs de la CDV s’affolent déjà. « Quand on a évalué la fréquentation annuelle à 400 000- 450 000 visiteurs, on nous a dit :  »vous rêvez ! » raconte en souriant Didier Arino du cabinet d’études Protourisme. Aujourd’hui on nous dit :  »ce sera plus que ça ! » A elle seule, la CDV devrait générer 50 millions d’euros de retombées économiques par an et 750 emplois directs et indirects. Rendez-vous en juin pour l’ouverture officielle de la Cité du Vin !