(photo Laurent Gotti)
(photo Laurent Gotti)

Beaucoup en Bourgogne s’inquiétaient, ces derniers mois, du prix élevé atteint par les vins. L’épisode de gel et de grêle de ces derniers jours va attiser un peu plus les tensions.

« La perception d’une Bourgogne chère nous inquiète. Il y a de la tension avec les distributeurs et les clients. (…) On voudrait freiner la hausse des cours, ne pas donner l’image d’une Bourgogne arrogante », nous confiait en janvier dernier Louis-Fabrice Latour, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). Le gel qui a sévi la semaine dernière sur une grande partie du vignoble bourguignon (mais aussi dans la Loire et dans une moindre mesure, dans le Bordelais) va immanquablement attiser les tensions.

Les dégâts sont encore difficiles à évaluer avec précision, mais il est d’ores et déjà acquis que la prochaine récolte sera largement impactée. La nuit du 26 au 27 avril a en effet été destructrice sur une large superficie du vignoble bourguignon. De Chablis jusqu’à une partie du vignoble de la Côte chalonnaise, en passant par les prestigieuses appellations de Côte de Beaune et de Côte de Nuits, les jeunes pousses ont été grillées par le froid. Elles ne seront pas, ou peu, fructifères.

Le Mâconnais a été, à son tour, touché la nuit suivante. Un deuxième accident climatique en deux semaines pour cette région : des chutes de grêle précoce l’on atteint le 13 avril.

Les conséquences sont à redouter au-delà de la future récolte 2016. L’inquiétude s’exprime pour les vins du dernier millésime, 2015, dont la réputation n’est plus à faire.

La campagne de transaction entre négociants et producteurs était restée jusqu’alors relativement calme. Les premiers ne souhaitant pas créer une nouvelle surchauffe après plusieurs années de hausses conséquentes. « Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Il est justifié que certains grands vins atteignent des prix élevés. C’est moins le cas pour certaines appellations moins prestigieuses dont les prix ont augmenté rapidement ces dernières années. Avec cette gelée des viticulteurs qui prévoyaient de vendre une partie de leurs vins au négoce vont certainement être enclin à les garder », estime François-Xavier Dufouleur, à la maison Dufouleur Frères (Nuits-Saint-Georges).

Une moindre disponibilité du vin, va mécaniquement engendrer une hausse des cours. Il y a peu de chance de voir les prix des vins de Bourgogne atterrir comme beaucoup le souhaitait en Bourgogne et ailleurs….