Dans la droite lignée du dynamisme qui caractérise le vignoble corse depuis plusieurs années, le CIV (conseil interprofessionnel des vins) de Corse a organisé pour la première fois à Lyon une présentation des merveilles viticoles de l’île de Beauté.

Deux master classes animées par Raphaël Pierre-Bianchetti (sommelier et co-fondateur de l’association des sommeliers de Corse) ; une soirée pour les professionnels et une soirée grand public avec douze vignerons corses, sur deux lieux lyonnais à l’âme corse (« A Cantina, Comptoir Corse », de Julien Pandolfi ; et le bar à vin épicerie « Muraato » de Romain Pelosse) : de quoi réussir l’opération séduction en alliant découvertes théoriques et pratiques, ainsi que plaisirs gastronomiques, œnologiques et musicaux.

Une diversité incroyable et une identité forte

Ce sont les deux caractéristiques les plus frappantes lorsqu’on découvre les vins de l’île, et celles qui attachent durablement ses aficionados. Romain Pelosse, considéré comme l’ambassadeur de la Corse à Lyon, souhaiterait qu’il «y ait des vins corses absolument partout ». D’abord parce qu’il les trouve particulièrement originaux, du fait des cépages endémiques qui les composent, mais aussi parce que cet exotisme toujours varié ne se tarit jamais.

Et que la qualité des vins n’a cessé de progresser depuis de nombreuses années, doublé du fait que le bio n’est pas une religion mais une pratique très répandue, et ce depuis bien avant que cela devienne un critère d’achat. Gilles Seroin, vigneron du domaine Sant Armettu, en AOP Corse Sartène, explique que l’île étant naturellement protégée des maladies, il n’a jamais été nécessaire de se battre contre les intrus autant que sur le continent. Plusieurs domaines ne revendiquent pas la culture bio ni ne cherchent la certification, tout en l’ayant toujours mise en œuvre.

Si la Corse est avant tout connue pour ses rosés, qui régalent sur le continent mais aussi plus loin en Europe et outre-Atlantique, notamment aux Etats-Unis, les rouges et les blancs ont pris leur envol, sur un marché presque plus « premium » et de niche, après avoir été clairement identifiés comme corses, et non plus comme un bout de la Provence.

Origine des émotions

La Corse est au cœur d’un triangle formé par les trois plus grands producteurs de vins mondiaux (France, Italie, Espagne) : elle semblait prédestinée à en produire également des magnifiques. Le climat particulier dû à son petit territoire est une force : le climat méditerranéen est rafraîchi par l’air frais descendant de la montagne, permettant aux vins de ne pas tomber dans les écueils des vins méridionaux, en conservant fraîcheur et tension. La nature des sols, principalement granitique, mais aussi schisteuse et calcaire, oriente encore davantage les vins vers la finesse.

Les cépages endémiques de l’île jouent évidemment un rôle fondamental dans ces profils originaux et typés, capables d’émouvoir certains au plus haut point.

Romain Pelosse confie que malgré son amour général des beaux et bons vins, la Corse a toujours suscité en lui des bonheurs intenses, plaçant les vins corses dans son top 10 des plus beaux vins dégustés dans sa vie. Le Patrimonio de Muriel Giudicelli tient le haut de son classement, suivi de la cuvée Granit en 2013 du Domaine Vaccelli.

Nielluccio et sciaccarello pour les cépages stars en rouge ; vermentino et muscat petit grain pour les blancs, ils sont aussi parfois accompagnés de grenache, cinsault, carignan, syrah, barbarossa, biancu-gentile, cudiverta, genovese, alcatico, riminese, morescone et d’autres.

La proximité des vignerons avec leur terroir et cette façon incroyable de les révéler contribuent grandement à séduire cavistes et restaurateurs.

Caroline Franchi, responsable de la communication et du marketing au CIV Corse, constate avec plaisir une réduction des préjugés sur les vins corses. Les opérations séductions et l’amour grandissant des professionnels ont permis de révéler au grand public la finesse, la typicité et le caractère des vins de l’île : « le dynamisme du vignoble a porté ses fruits, que ce soit à travers le travail important fourni par les vignerons, en terme de qualité de vinification, de travail sur les cépages endémiques, que par l’action du CIV pour soutenir leur investissement ».

Si vous croisez leur route, n’hésitez pas à déguster les cuvées du domaine Leccia (AOP Patrimonio), du Clos Canareccia (AOP Corse), de la Villa Angeli, du Clos Ornasca, du domaine Sant’Armettu, de l’Enclos des Anges, du domaine Orenga de Gaffory, du domaine de Vaccelli, du domaine Comte Peraldi, du domaine Pieretti, du domaine Poli et enfin la cuvée D de Marie-Françoise Devichi, qui nous ont tous séduits lors des master classes !