Accueil Actualités La « Charte d’Excellence durable des Bordeaux Grands Crus Classés en 1855 » 

La « Charte d’Excellence durable des Bordeaux Grands Crus Classés en 1855 » 

Auteur

Michel
Sarrazin

Date

26.12.2023

Partager

Le Conseil des Grands Crus Classés en 1855 (Médoc et Sauternes) qui réunit 85 membres s’est doté en 2020 d’une Charte Ethique d’Excellence durable. Le premier rapport faisant état de son application est sorti en 2023. Quelle est la finalité de cette Charte ? 

Une charte est un texte solennel qui décrit l'ensemble de règles et principes fondamentaux d'une institution. Celle du Conseil des Grands Crus Classés (GCC) se veut dense. Elle n’a pas vocation à imposer ni à se substituer aux initiatives individuelles des châteaux. Philippe Castéja, le président du Conseil des GCC en 1855, précise la finalité de cette charte : « Nous avons 85 GCC qui s’inscrivent dans différentes démarches vertueuses, certifiées ou non. Il est normal que l’organisme dans lequel sont les adhérents ait une charte qui les accompagne ». Il parle volontiers « d’une enveloppe » qui rassemble les valeurs et les actions des châteaux. « Tout le monde va dans le même sens » ajoute-t-il. Sylvain Boivert, le Directeur du Conseil des GCC précise que « le Conseil des GCC en 1855 s’est inscrit dans la démarche iso 26000 » . Une norme faite pour des organisations qui s’engagent à fonctionner de manière socialement durable et faite pour évaluer leur engagement en faveur du développement durable. D’ailleurs, un lecteur un peu rapide ne verrait que le mot durable et l’appliquerait instinctivement au développement. Or, si le développement durable est transversal à deux des trois axes de la Charte, le thème central est de veiller à ce que ce soit l’excellence des GCC qui soit durable. Une philosophie différente même si elle s’appuie pour partie sur le concept de développement durable. La raison ?  « Vous ne durez pas si vous n’êtes pas dans l’excellence » rappelle Philippe Castéja. Et il est vrai que l’histoire des GCC a montré que certains châteaux avaient pu s’affaiblir à certains moments, oubliant ou ne pouvant pas faire ce qu’il fallait pour soutenir cette excellence sans laquelle … on ne dure pas.
Pour soutenir cette excellence durable, trois axes forts.

  • La valorisation d’un terroir d’exception
  • La protection d’un patrimoine unique et universel
  • La considération et le respect des parties prenantes

Chacun de ces axes étant complété par « … aux côtés des GCC 1855, le Conseil agit pour … ». Une précaution qui vise à rappeler que le rôle du Conseil est là « pour accompagner les châteaux car il n’est pas chargé d’imposer l’excellence » précise Philippe Castéja.

Une Charte adoptée par tous
Cette Charte a été rédigée par « plusieurs membres contributeurs et des professeurs de droit ». Pourquoi des professeurs de droit ? « Nous devons être prudents à ce que nous faisons. Le comportement du conseil ne doit pas être préjudiciable à un des membres car nous défendons leurs intérêts » indique Philippe Castéja. Tout en rappelant les trois axes de la Charte, le rapport fait état des actions menées par les châteaux pour illustrer l’application de cette Charte d’Excellence durable. 75 pages dont la conclusion met un coup de projecteur sur la « protection durable » du terroir. Les évolutions des pratiques sont « en lien direct avec les attentes des consommateurs et les préoccupations sociétales et les rendent plus vertueuses. La réelle prise en compte des enjeux environnementaux et humains souligne l’exigence de qualité des GCC en 1855 (…) » . Cette Charte a vocation à être actualisée, au fil des nécessités.