Après un an d’études, le programme scientifique des vignes ancestrales de l’Ancien Collège des Jésuites de Reims et d’Ashkelon en Israël a livré aujourd’hui ses premiers résultats, confirmant que nous sommes en présence d’un cépage que l’on croyait disparu.

Il était déjà acquis que les pieds de vigne trônant dans la cour de l’Ancien Collège des Jésuites de Reims figuraient parmi les plus anciens au monde : classés au titre des Monuments Historiques, ils ont été plantés entre 1610 et 1650 et auraient été ramenés par les Jésuites, qui possédaient une mission à Ashkelon, dans l’actuel État d’Israël. C’est donc « naturellement » que les villes de Reims et Ashkelon ont décidé d’unir leurs efforts pour percer un peu mieux le mystère de ces vignes plusieurs fois centenaires… Un projet également motivé par l’urgence et la nécessité, la plante étant frappée par l’oïdium et réclamant donc d’être préservée.

A l’automne 2011 a donc été lancé un ambitieux programme scientifique d’étude des vignes archaïques de Reims et d’Ashkelon, résultant d’un accord entre le maire d’Ashkelon, Benny Vaknin, et la Maire de Reims Adeline Hazan. Ce programme, mobilisant des chercheurs français et israéliens des deux côtés de la Méditerranée, est porté notamment par l’adjoint au Maire de Reims chargé du patrimoine, Jacques Cohen, en accord avec l’Architecte des Bâtiments de France et l’union des œnologues pour confier l’étude et la préservation des vénérables pieds de vigne rémois aux meilleurs spécialistes.

Un cépage oublié, le Verjus

Rendus publics aujourd’hui, les premiers résultats de cette étude (analyses ADN en particulier) s’avèrent étonnants : ils révèlent que ces vignes blanches rémoises de 400 ans ne seraient pas – comme on le pensait depuis 20 ans – du Marawi, un cépage moyen-oriental, mais du Verjus, un cépage disparu qui n’existait plus qu’en répertoire. Ce cépage tardif et très singulier était notamment connu au Moyen-Âge pour sa couleur intense (un jus très vert qui lui a donné son nom), pour ses vertus médicinales, mais surtout pour préparer une sauce très particulière qui était très utilisée en cuisine. Du côté d’Ashkelon en revanche, aucune trace de Verjus, mais la découverte d’un autre cépage très ancien et non identifié, demeuré à l’état de vigne-liane.

Sur la base de ces découvertes, le programme scientifique entre les deux villes devrait s’accentuer, avec l’objectif de retrouver des caractéristiques de cépages et des goûts disparus, pour redonner naissance à des vins perdus dans les poussières du temps.

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