L’Anjou Noir, c’est cette partie du vignoble angevin au sous-sol de schistes lie-de-vin, gneiss et granite. Chaque été, 80 vignerons bio du coin organisent leur Paulée, un rendez-vous convivial pour mettre en valeur les vins, paysages et savoir-faire locaux.

Pour sa 6ème édition, la Paulée de l’Anjou Noir a fait halte sur les coteaux de Bonnezeaux, à Thouarcé, commune de Bellevigne-en-Layon (49). Sur cette petite appellation de 120 hectares, une quarantaine de vignerons produit des vins liquoreux (chenin)… quand le millésime le permet. C’est un paysage de carte postale : trois collines, des coteaux somptueux, un moulin et, cela devient assez rare, des haies et des bosquets un peu partout.
Plus de 300 personnes – des pros du vin, sommeliers, cavistes, restaurateurs, mais aussi des amateurs- ont emprunté les sentiers de ces vignes lundi 17 juillet, à l’invitation des vignerons de la Paulée de l’Anjou Noir. Cette association regroupe 80 domaines en bio de cette région extrêmement dynamique, parsemée d’appellations réputées : Savennières, Quarts de Chaume, coteaux du Layon… Sur le parcours, plusieurs arrêts « pédagogiques » étaient prévus.

Schistes lie-de-vin et sables ocres

Le géologue Fabrice Redois, de l’université d’Angers, a ainsi expliqué le terroir, « un assemblage de plusieurs facteurs : géologiques, biologiques, techniques… » L’Anjou Noir se trouve à la jonction entre le Massif armoricain et le bassin parisien. Son sous-sol est composé principalement de schistes lie-de-vin (ou pourpre, violacé), et de phtatnite, une roche sédimentaire noire, qui apportent de la minéralité aux vins. Mais l’origine du nom de « Bonnezeaux » est à chercher plutôt dans les sables ocres, couleur qui indique la présence de fer… que l’on retrouve dans l’eau.

Mark Angeli, vigneron du domaine de la Sansonière, a quant à lui présenté ses vignes « expérimentales », sa petite cellule « recherche et développement » personnelle. Sur une parcelle de 50 ares plantée de pommiers, il a par exemple planté du grolleau noir, selon les principes de l’agroforesterie. A côté, il a « surgreffé » des pieds de vigne – greffé un nouveau cépage sur des pieds de 15 ans – pour changer de cépage plus rapidement. « C’est énormément de travail, mais en théorie, on a une récolte à 100% dès la 2e année », explique le vigneron. Biodynamiste depuis les années 90, ce vigneron est un des acteurs phares du mouvement « naturel » de la viticulture angevine.

En 2018, la 7ème Paulée aura lieu le lundi 2 juillet. Renseignement pauleeanjounoir.fr