Depuis 2013, Hélène et Louis Brochet, frère et sœur, ont repris les rênes du domaine familial situé à Ecueil dans la montagne de Reims et affirment un style très aérien.

Aimez-vous Tintin ? A cette question, il y a fort à parier que vous répondiez oui, tant le héros de Hergé accompagne toutes les générations depuis sa création. Mais êtes-vous tintinophile ? En somme, connaissez-vous l’œuvre en détail ? Si vous êtes capable de citer de mémoire la marque du champagne débouché par le capitaine Haddock (et dont il se prend le bouchon dans le visage) avant de partir dans l’espace dans « Objectif Lune », alors vous l’êtes ! Ce champagne, c’est Brochet-Hervieux. Une marque de champagne de vigneron créée à Ecueil dans la montagne de Reims en 1943 par le grand-père de Hélène et Louis. La famille qui produisait du raisin depuis plusieurs siècles et le vendait au négoce, a donc décidé de créer ses propres vins dont Hergé était l’un des consommateurs réguliers. Pas étonnant dès lors qu’il ait cité cette marque dans l’un de ses albums. Mais ne cherchez plus cette marque car elle a été abandonnée en 2010 pour donner naissance aux champagnes Louis Brochet, double clin d’œil à l’arrière-grand-père Louis, né un siècle avant son arrière-petit-fils Louis. Après 1à années comme œnologue-conseil auprès d’une centaine de vignerons champenois, ce dernier a pris les rênes de la production familiale, bientôt labellisée Haute Valeur Environnementale (HVE). Comme chez de nombreux petits vignerons de Champagne (le domaine couvre 13 hectares), tout ici est réalisé en interne. Hélène est, elle, chargée de toute la partie commerciale ainsi que du marketing. En 2011, alors déjà présente au domaine, elle avait imaginé le nouvel habillage des cuvées maison.

De la finesse et de l’élégance

Comme aime à le rappeler Louis, le style des champagnes de la maison a évidemment beaucoup évolué depuis l’époque de Hergé. Les jus sont désormais moins lourds, bénéficiant d’une sélection lors du pressurage pour ne garder que la cuvée, c’est-à-dire la première partie du jus extrait qui va donner des vins fins et élégants. Les dosages ont aussi beaucoup évolué, à commencer par la cuvée d’entrée de gamme du domaine, le brut premier cru (27€). Le dosage actuel de ce vin majoritairement à base de pinot noir (80%) est de 9g par litre, donnant un vin moins sucré et plus tonique que ce qui se pratiquait par le passé. A la dégustation, le vin s’avère toutefois encore rond, très délicat en bouche. Une caresse sur le palais parfaite pour l’apéritif, que l’on aimerait légèrement moins dosée pour gagner encore en fraîcheur et en équilibre. Cette cuvée est à l’image du reste de la gamme, tout en dentelle. L’extra blanc (38€), un blanc de blancs dosé à 5g par litre, est quant à lui un champagne de gastronomie à la vivacité plaisante, aux notes beurrées et florales, qui se marie très bien à des poissons crus par exemple. Le domaine produit aussi un rosé d’assemblage (32€) « dans le respect de la tradition champenoise », en utilisant son propre vin rouge à base de pinot noir. Un vin de belle amplitude qui affirme en bouche un caractère joliment épicé teinté de fruits rouges, dont le dosage à 9g permet de l’associer à des desserts, comme des fraises au basilic. Enfin, les amateurs de champagnes millésimés élevés longtemps sur lies apprécieront la cuvée HBH (45€), un millésimé 2005 resté 10 ans sur lies avant dégorgement. Son intensité aromatique s’oriente vers des notes torréfiées, épicées, mais aussi de pâte d’amande. Le tout sans lourdeur, dans la droite ligne du style maison associant rondeur et fraîcheur.