Tous les chemins mènent à… Pauillac. Aller-retour compris. C’est du moins ce que prouve le parcours de Jean-Charles Cazes, aujourd’hui à la tête de Lynch-Bages et des autres propriétés de cette grande famille du vin : « J’ai souhaité avoir une expérience différente du monde du vin pour commencer et une expérience qui puisse me servir pour le futur ». Après ses études, direction le Brésil et une usine de fabrication de serrures pour l’industrie automobile. « Ce fut très formateur, précise le fils de Jean-Michel Cazes. Mais c’est une économie de coût. On serre la vis. » Surtout, ajoute le désormais ex-contrôleur de gestion, « Il n’y a là aucune passion pour le produit. » Difficile en effet quand on a grandi au rythme des vendanges, avec une culture du millésime, de s’enthousiasmer pour une petite pièce produite en série à des millions d’exemplaires. Toutefois, si ce trentenaire a pris la suite de son père, il n’a pas tardé à imprimer sa propre cadence. Ni à afficher son ambition. Ainsi, dans les trois ans à venir Lynch-Bages devrait bénéficier d’un nouveau chai et d’un nouveau cuvier. D’un point de vue technique, ce dernier s’inspirera d’ailleurs du vieux cuvier gravitaire de Skawinski construit en 1850 et qui, aujourd’hui encore, fait la fierté du château. Mais au-delà de ce clin d’œil qui, au passage, valide les intuitions de son inventeur, cet investissement n’a qu’un but : améliorer la précision des vins de Lynch-Bages, « ce grand Pauillac au caractère hédoniste », sourit Jean-Charles Cazes. On pourrait ajouter : et à la gravité heureuse…

www.lynchbages.com

Jefferson Desport
Photo : Rodolphe Escher