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Trophée Pessac-Léognan : des futurs sommeliers entre passion, reconversion et excellence

Les candidats au Château La Louvière ©DR

Auteur

Michel
Sarrazin

Date

20.05.2026

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Ce concours, un des plus recherchés par les étudiants en formation sommellerie, demande de solides connaissances, des compétences, un savoir-être et s’avère être un vrai accélérateur de carrière pour les vainqueurs. Le cru 2026 a réservé de belles surprises.

Les épreuves du Trophée Pessac-Léognan du meilleur élève sommelier en vins du Bordelais, organisées par l’UDSF, se sont déroulées aux châteaux Malartic-Lagravière et la remise des prix au château La Louvière. 

Une préparation intensive pour un concours exigeant

Ce concours  est ouvert aux élèves du nouveau « certificat de spécialisation sommellerie » (obtenu en une année) et au Brevet professionnel sommelier (2 ans) : deux formations accessibles via Parcoursup. Coûteux pour l’appellation (des sponsors sont venus cette année soutenir l’organisation : Diams et Stellantis) mais prestigieux, il révèle chaque année de jeunes talents capables d’allier technicité, culture du vin et aisance en salle. Pour les candidats, la préparation ressemble à un véritable marathon intellectuel et pratique. 

Clarisse, candidate venue du lycée hôtelier de Tain-l’Hermitage, estime avoir consacré « une à deux heures par jour» à ses révisions pendant son stage, en multipliant les recherches personnelles et les entraînements pratiques au-delà des cours. « On regarde les finales des anciennes éditions sur YouTube pour imaginer toutes les épreuves possibles », explique-t-elle. Les formats du Trophée changent constamment, obligeant les candidats à travailler tous les aspects du métier.

D’ailleurs, les éliminatoires ont confirmé cette exigence : dégustation de 4 vins dont une reconnaissance d’un vin évolué, d’un vin élevé en cuve, d’un type de vin rosé, également une reconnaissance de 5 arômes, mots croisés spécialisés et QCM pointus sur le vignoble bordelais. Certaines questions ont surpris les participants, notamment sur les propriétaires de châteaux ou les cahiers des charges des appellations. Il faut donc avoir une solide formation. 

Denis MERLO et Justin MEYER intronisés par la Commanderie du Bontemps ©DR

Des profils atypiques qui renouvellent la sommellerie

L’une des grandes évolutions du concours réside dans la diversité des profils. L’époque où la sommellerie était réservée aux seuls élèves issus de la filière hôtelière est révolue et les passionnés, d’où qu’ils viennent, ont leur place. Désormais ce certificat est accessible par tout titulaire d’un bac. Sauf que, souvent, un parcours d’études et/ou une expérience professionnelle caractérisent ces candidats. 

Clarisse incarne cette nouvelle génération. Titulaire d’un master en marketing et d’une licence de langues étrangères, elle a travaillé plusieurs années comme assistante commerciale avant de se réorienter vers le vin au lycée hôtelier de Tain l’Hermitage, sur un parcours très original en 2 ans qui prévoit bien entendu la certification de spécialisation sommellerie à la fin de la première année. La deuxième année se fait sous statut formation continue en collaboration avec le Greta et propose aux candidats d’obtenir les WSET de niveau 2 et 3, de rédiger un mémoire et de suivre souvent un stage à l’étranger : une formation solide. « Aujourd’hui, je me réoriente en sommellerie », résume-t-elle.

D’autres candidats affichent également des parcours singuliers. Perrine Viscard, du lycée hôtelier international de Lille, ancienne élève en boulangerie-pâtisserie puis traiteur, travaille dans une cave à manger. Justin Meyer, cuisinier de formation ayant travaillé à l’étranger, souhaite ouvrir un établissement avec son frère. 

Le parcours d’Antoine, illustre bien ce que peut être un déclic. « Au cours de sa 3ème prépa-métiers et des stages d’initiation, Il a accroché sur la restauration et les métiers du service » nous dit Sylvain Pech, son professeur à Franck Thomas Formation Perpignan. Antoine décrochera un BTS, puis son travail le fait cotôyer pendant 2 années les sommeliers, notamment ceux de la villa Madie à Cassis (3*). C’est la révélation mais aussi la « prise de conscience qu’il faut se former » et structurer ses connaissances. Un coup de fil à son ancien professeur, Sylvain Pech avec lequel il a conservé des liens, scellera son avenir pour les prochains mois. Il suivra une formation à Franck Thomas et finira 2ème au Trophée, dans la catégorie “brevet professionnel”. 

Nicolas Cadillon, du lycée hôtelier de Bordeaux-Talence, soutenu par Valérie Danan et Didier Jeanjean, a lui aussi un profil qualifié « d’atypique » grâce à son BTS viticulture-œnologie. « Il avait déjà une bonne connaissance technique du vin, si bien que nous avons dû travailler avec lui les gestes du restaurant et la dégustation », explique Valérie Danan qui, avec son collègue Didier Jeanjean ne compte pas leurs heures pour former Nicolas. 

Tout y est passé durant la formation : « Sur un vieux millésime, on carafe ? On décante ? » interroge le professeur. « Quel est l’intérêt du vieillissement en magnum ? », et concernant le classement des crus classés de Graves « Tous ceux qui ont « Haut » sont classés en rouge, plus Fieuzal et Pape-Clément ». Et d’insister sur les « différences entre Crus Classés de Graves et appellation Pessac Léognan et leur histoire respective » : un sujet piégeux. 

Autant de connaissances pointues que les professeurs doivent maitriser s’ils veulent être crédible. Et durant ce Trophée, on pouvait voir l’admiration des candidats pour leur professeur et le lien étroit qui les unissait. 

Un tremplin pour une carrière

Remporter — ou même participer — au Trophée Pessac-Léognan constitue un véritable accélérateur de carrière. Au-delà des dotations (des vins prestigieux de l’appellation Pessac-Léognan), les candidats bénéficient d’une visibilité nationale, voire internationale (ils maitrisent tous très bien l’anglais), rencontrent des professionnels reconnus et développent une confiance précieuse pour la suite de leur parcours. Être vainqueur au Trophée Pessac-Léognan atteste d’une fluidité du geste et du propos, d’une bonne gestion du stress, d’un discours sincère et convaincant et d’une capacité à créer une expérience client.

Depuis 2003, année de sa création, le Trophée Pessac-Léognan s’est imposé comme un rendez-vous majeur de la formation sommelière française. Il aura révélé plusieurs professionnels devenus sommeliers dans de grandes maisons, cavistes spécialisés ou entrepreneurs du vin et il n’a pas échappé aux établissements de formation que les vainqueurs qu’ils ont formés contribuent à leur notoriété. 

 Vainqueurs du Trophée Pessac-Léognan 2026

Mention Sommellerie : Justin MEYER, UFA Storck, Guebwiller

BP Sommelier : Denis MERLO, lycée polyvalent privé Albert de Mun, Paris

Denis MERELO et Justin MEYER ©DR