Bel hommage en ce début octobre au métier de caviste avec la première édition du concours national organisé par le jeune Syndicat Des Cavistes Professionnels (SCP). Il a été remporté par le bourguignon-auvergnat Stéphane Alberti de Cave-Passion dans le Puy-de-Dôme.

Il y avait bien eu de 1999 à 2005 un concours organisé par les cavistes indépendants mais pas assez fédérateur pour être réellement représentatif. Cette fois, tout le monde est présent pour mettre en lumière un métier. Rappel de la définition prosaïque par Yves Legrand, président du SCP : « Un point de vente spécialiste du commerce du vin à emporter ». On en dénombre 5527 en France, en hausse de 10% par an. Définition de Pierre Arditi, parrain du concours 2014 : « Un libraire du vin qui sait vous recommander un chemin où vous n’iriez pas, par ignorance ou par a priori, qui sait vous faire découvrir de grands vins et de grands vignerons. Le caviste éclaire le vin et donc la vie car on boit aussi une géographie humaine et des sentiments ». Et Yves Legrand de surenchérir dans la poésie en récitant L’Ame du Vin de Baudelaire.

Des épreuves ardues

Le concours organisé avec des partenaires comme le groupe Thiénot sera biennal. Une quarantaine de candidats sélectionnés au printemps par internet ont passé une batterie d’épreuves de connaissances, œnologiques bien sûr mais également de présentations, de dégustations, de tests à l’aveugle, de simulation de vente et même de gestion d’entreprise. Les huit finalistes ont reçu la visite d’un client mystère pour juger de la qualité de conseil et d’accueil in situ. Et le meilleur caviste 2014 (avec un titre à vie) est : Stéphane Alberti de la Cave Passion près de Clermont-Ferrand. A la deuxième et troisième place du podium Stéphane Le Rest des Couleurs du Vignoble à Montauban de Bretagne (35) et Jean-Philippe Venck de La Cave des Grands Crus à Guebwiller (68).

Pas une bouteille qu’il n’ait goûtée

La cave de Stéphane Alberti porte bien son nom. Il s’est installé à Saint-Amand-Tallende il y a une dizaine d’années dans une boutique d’à peine 30 m2 où il se demande encore avec humour quelle bouteille il va devoir ranger pour pouvoir poser son trophée, un flacon en céramique signée Cynthia Lefebvre. Il bénéficie heureusement de 30 m2 de stockage et un peu plus loin dans la montagne, d’une cave enterrée de 80m2. Tout juste de quoi entreposer ses 500 références (400 en moyenne chez un caviste), uniquement des vins français « car il y a suffisamment de bons vignerons et de vins différents dans l’Hexagone pour ne pas avoir besoin de chercher ailleurs », précise-t-il. Sur ses étagères, beaucoup de vins du Languedoc-Roussillon « pour leur rapport prix-plaisir », et à la carte, une jolie liste de bordeaux proposés en achats primeurs. Le trophée devrait lui permettre d’obtenir des allocations supplémentaires et de booster son chiffre d’affaires, en général de 20 à 30% comme c’est souvent le cas avec une telle récompense. Stéphane Alberti s’attend aussi à un regain d’affluence mais espère surtout modestement que « ce prix mettra en lumière son métier et le travail de tous les vignerons qu’il connaît ». Car il n’y a pas une seule bouteille qu’il n’ait goûtée lors de ses périples viticoles. La gentillesse et le professionnalisme de cet auvergnat d’adoption, bourguignon d’origine et petit fils d’ouvriers viticoles dans le Beaujolais, lui ont valu le soutien de tout le village pendant les épreuves. Après un retour chaleureux en fanfare, Stéphane Alberti devra affronter une inévitable affluence de visiteurs pour sa foire aux vins qui démarre ce week-end.

Frédérique Hermine

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