(photo : J. Bernard)
(photo : J. Bernard)

Fin de la lune de miel des vignerons. Les vendanges qui débutent en Champagne devront être rapides, précises… et ne pas oublier de valoriser les belles parcelles.

« Août fait le moût » rappelle l’adage vigneron, qui s’avère une fois de plus d’une cruelle exactitude. Alors que les vignerons espéraient une fin de maturation sereine, les importants épisodes pluvieux et orageux qui se sont abattus mi-août et encore fin août sur l’ensemble de la région et notamment dans le sud ont fait s’éloigner la perspective d’une récolte sereine pour une réalité plus classique et accélérée.

En effet, le cocktail pluie + humidité a fait apparaître les premiers foyers de pourriture grise, avec un développement rapide sur des vignes fragilisées par une année à hue et à dia (gels de printemps, vagues de chaleur). Sur ces raisins en péril, il faut ramasser sans tarder et les dates de vendanges publiées le week-end dernier ont été dans certains cas avancées pour donner aux vignerons toute latitude. Les premiers coups de sécateur résonnent depuis le début de la semaine et devraient s’accélérer à partir de jeudi.

Mais pas d’affolement ont rappelé hier les services techniques du Comité Champagne aux œnologues en réunion préparatoire des vendanges. Sur les parcelles saines, il faut chercher le grand millésime et pousser les maturations à l’optimum car le potentiel est là : rendement photosynthétique idéal des feuilles, belles acidités, accumulation régulière des sucres et évolution prometteuse des profils aromatiques.

Sur les parcelles en dégradation, il faut agir vite, ne pas laisser attendre le raisin et adopter des schémas de vinification directifs. La Champagne est équipée et elle sait faire ! La vendange et le tri manuel des raisins seront une fois de plus une carte maîtresse.
Pour les vignerons, c’est bel et bien la fin de l’été et de la dolce vita. Bienvenue la rentrée !