Le château Pontet-Canet, 5ème grand cru classé 1855 (Pauillac), a pris tout le monde de court ce matin en annonçant, avant même la campagne officielle des Primeurs, son prix pour le millésime 2013.

Décidément, il semble écrit que ce millésime 2013 ne ressemblera à aucun autre pour Bordeaux. Chahuté par les éléments, déjà enterré par beaucoup d’observateurs (malgré tous ceux qui appellent à trier le bon grain de l’ivraie et à goûter les vins avant de les dénigrer…), il va être au centre de toutes les attentions à partir de la semaine prochaine, avec une campagne des Primeurs qui s’annonce encore plus compliquée qu’en 2011 et 2012. Quels châteaux auront tiré leur épingle du jeu ? Quelles seront les réussites et les déceptions ? Quel sera le juste prix pour ce 2013 ? Autant de questions sur lesquelles nous tenteront d’apporter l’éclairage le plus complet possible dans les jours à venir. Mais certains semblent déjà avoir des éléments de réponse, à l’image du château Pontet-Canet.

Le 5ème grand cru classé 1855 (AOC Pauillac) vient de prendre tout le monde de court en annonçant, dès ce matin, le prix de son millésime 2013 : « 67, 40 €, un prix exactement identique à celui du 2012 », souligne le propriétaire Alfred Tesseron. En baisse par rapport aux 2009 et 2010, mais toujours nettement au-dessus du 2008.

Avant même que les premières impressions officielles sur les Primeurs soient publiées, alors même que les marchés réclament déjà une baisse des prix, Alfred Tesseron annonce la couleur : « pour moi, la semaine des Primeurs n’a jamais été un indicateur. Il faut « sentir » la campagne. Il n’y a pas de règle. Chaque propriété a son prix, et il faut que ce prix convienne au marché. Moi, je sais ce qui est bon pour le cru. Quant à ceux qui enterrent déjà ce millésime, je les invite à venir le déguster avant de le juger. Nous les recevrons de manière très professionnelle. Mais j’ai déjà suffisamment lu de choses anormales sur ce millésime pour être en mesure de prendre ma propre décision ». C’est donc un signal fort qui est envoyé. Reste à voir quelle réponse le reste du vignoble bordelais va lui apporter.

Mathieu Doumenge