Interrogé au commencement de la semaine des Primeurs à Bordeaux, Fabrice Bernard, à la tête de la maison de négoce bordelaise Millésima, donnait à cette question une réponse mesurée, empreinte de prudence.

« Quel prix ? C’est une très bonne question, et sincèrement ce n’est pas pour faire la langue de bois mais je ne sais pas trop quoi répondre. Plusieurs propriétaires m’ont déjà posé la question, et je trouve que donner un niveau de prix est très difficile actuellement. Les vins sont délicieux en 2018, c’est indéniablement un très grand millésime, la presse en attestera à l’issue de la semaine primeurs. Pour moi, on a la puissance du 2009 avec l’élégance du 2010. Par contre, on a un marché et une actualité économique compliqués. La Chine est un peu à l’arrêt, il y a le Brexit en Angleterre… La qualité est là, mais maintenant, il faut trouver le bon prix pour une distribution. Je pense qu’il faut être raisonnable, parce que le millésime 2017 a été vendu un peu trop cher. C’est un peu comme le millésime 2011, qui est passé après 2009 et 2010, 2017 passe après 2015 et 2016. Il y a beaucoup de tension, le mieux placé pour donner le prix, c’est le consommateur. Si la perception qu’il a du rapport qualité-prix est bon, il n’y aura aucun problème. Si, à l’issue des dégustations primeurs, tout le monde est unanime pour dire que c’est un grand millésime, on pourra augmenter raisonnablement les prix. »