Il y a quelques jours, les deux couleurs présentaient leur stratégie promotionnelle pour l’été sur le Bassin d’Arcachon : une série d’opérations, menées dans les restaurants et campings, pour sensibiliser habitants et touristes. Avec, plus largement, l’idée de redonner une place d’honneur à ces vins dans la consommation de leur région de production.

« Il faut jouer local, boire du Bordeaux blanc et rosé à Bordeaux, comme on boit du vin corse en Corse ! » Marc Médeville, le vice-président du syndicat des Bordeaux-Bordeaux Supérieurs l’affirme haut et fort : l’opération séduction des bordeaux blancs secs et rosés est lancée sur leurs terres. Son but ? Conquérir ou reconquérir le public de la région, local ou vacancier, en communiquant autour de ces deux couleurs. Comment ? Dans un premier temps grâce à une série de dégustations et animations estivales dans les restaurants et campings du Bassin d’Arcachon.

Stéphane Defraine, propriétaire du château de Fontenille (Entre-Deux-Mers) et président des vins blancs secs de Bordeaux, en est persuadé : « dans cet océan de rouge bordelais, il y a une place pour ces vins rosés et blancs séduisants et séducteurs ! » Le choix du Bassin n’est pas un hasard pour amorcer la stratégie. Les blancs secs et rosés s’allient à merveille avec les fruits de mer. L’été est donc, d’après Véronique Barthe (château La Freynelle, Bordeaux), une occasion rêvée pour « sensibiliser les nombreux Français et étrangers en vacances à cette période. » Pour aller ensuite au-delà du Bassin, « avec toujours cette envie de jouer la carte locale. »

Fraîcheur pour grosse chaleur

Si les vins blancs secs et rosés sont désormais consommés toute l’année, l’été reste leur saison de prédilection. « Grâce à leur fraîcheur, ils sont naturellement appréciés lorsqu’il fait chaud. Le rosé est festif, convivial et simple. C’est du soleil! » s’enthousiasme Marc Médeville. Pour Stéphane Defraine, l’accord des blancs secs de Bordeaux avec la nourriture légère estivale est une évidence. Selon lui, « il y a un vrai regain autour du sauvignon pour sa fraîcheur. Il est mondialement plébiscité par le consommateur. »

Diversité, qualité, accessibilité

A Bordeaux, la diversité est le mot d’ordre. « Avec près de 7000 viticulteurs, Bordeaux n’est pas limité aux grands crus, rappelle Bernard Farges, le président du CIVB. Il faut aller au devant du consommateur pour faire découvrir les produits, visages et modes de production variés. » L’approche de ces deux couleurs se veut décomplexée et plus conviviale. « Pour les novices, il est plus facile d’aller vers le blanc ou le rosé, que vers le rouge. C’est d’ailleurs une piste pour recruter de nouveaux consommateurs, notamment jeunes » explique Stéphane Defraine.

Accessibles par leur style, les blancs secs et rosés le sont aussi par leur prix. « Bordeaux ne fait pas que des vins chers qu’il faut attendre pour boire, et que l’on ne peut sortir que dans de grandes occasions, affirme Roland Quancard, négociant et président de la commission pour la promotion des Vins de Bordeaux (CIVB). 95% des vins de Bordeaux sont très abordables. » Pour exemple, ce soir-là sur les tables, les blancs sont majoritairement compris dans une fourchette entre 6 et 12€, alors que les rosés oscillent globalement entre 4 et 8€.

Tout en accentuant leur efforts collectifs dans leur propre région, les Bordeaux confirment leur présence à l’étranger. Bordeaux fête le vin à Québec (27 au 30 août), Eat ! Brussels, Drink ! Bordeaux (10-13 septembre) et Hong Kong Wine and Dine Festival (22-25 octobre), ils multiplient les occasions de contact avec le consommateur. En France, une nouvelle campagne radio débarquera également sur les ondes cet été autour du Bordeaux rosé. Ouvrez vos oreilles… et préparez votre palais!