Mercredi 8 Juillet 2026
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08.07.2026
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Avant de glisser dans cette parenthèse bien nommée « trêve estivale », la rédaction a compilé ses ultimes recommandations dans un numéro d’été consacré au rosé, coutumes et températures extérieures obligent, mais pas seulement. Le rosé, sa technicité, ses terroirs et ses saveurs valent bien qu’on s’y attarde.
Tous les ans, nous consacrons notre numéro de l’été à la troisième couleur du vin dont on exalte la jeunesse, comme Yves Tesson se plaît à le rappeler dans son édito : « À l’inverse du vin rouge ou du vin blanc, le rosé est un hymne à l’éphémère. Là où, pour les deux premiers, on loue les longs temps de vieillissement, ici on célèbre la jeunesse, le fruit, la fraîcheur. Dans cette catégorie, même s’il existe des rosés de garde, le consommateur plébiscite en effet d’abord le vin de l’année ». Pour suspendre le temps au moment des vacances (bien méritées), on recourt à ce vin à la temporalité éphémère. Pourtant cette instantanéité de façade occulte un travail sur le long terme dans les vignobles pour que les vignes s’enracinent, des investissements en cave pour préserver les qualités primaires des raisins, une somme de savoir-faire cumulés pour sublimer l’instant de la dégustation. Cette petite épiphanie, Terre de Vins vous la dévoile dans un numéro qui prend le temps d’arpenter les terroirs et d’interroger ces artisans qui ménagent le répit d’un verre de rosé bien frais, indispensable à nos vies trépidantes.
Longtemps éludé lorsqu’il s’agit de rosé, le terroir n’a pas été délaissé poursuit Yves Tesson dans son édito : « Là où la filière accomplit une prouesse, c’est qu’elle n’a pas pour autant tourné le dos au terroir. Les vinifications sont de plus en plus parcellaires, le pourcentage des surfaces en bio en Côtes de Provence est l’un des plus élevés de France (21 % en 2022). » Vous trouverez la démonstration de ce qu’il avance en trois articles. Pierre Einaudi, du Domaine Bargemone, pilote 300 hectares de pinède et de garrigue, où sont disséminés 120 hectares de vignes cultivées en bio. Une fois rentrés, les raisins bénéficient de tous les soins dans une winery high-tech équipée de 900 m² de panneaux solaires (« Sur le Divin avec Pierre Einaudi, Domaine Bargemone », par Yves Tesson, p. 46-50). Quant à capturer la fraîcheur en Provence, Pierre Villeneuve, ancien chercheur du MIT, s’y emploie avec sa famille (« Talent : du MIT à la Sainte-Victoire » par Yves Tesson, p. 88-90). De fait, la couleur rose ne s’improvise pas, c’est la leçon de maître qui est transcrite dans l’article consacré à la Maison de Champagne Moët & Chandon : « La troisième voie de Moët & Chandon » (par Yves Tesson, p. 92-96).
Au fond, peu importe : rouge ou blanc, et le rosé ne fait pas exception, tout commence avec l’enracinement de la vigne dans un terroir (« Tribu : Kimméridgien, le legs des dinosaures » p. 102-106), se prolonge à la cave et se termine par le vieillissement. Pour cette dernière étape, certaines grandes maisons, qu’on peut élever au rang d’institutions, ont internalisé la fabrication de fûts. C’est le cas du Château Smith Haut Lafitte à Bordeaux, de Louis Latour en Bourgogne et de Bollinger en Champagne comme le raconte Mathieu Doumenge (« Faire feu de tout bois », p. 38-41). Et, s’il venait à subsister un dernier doute sur la noblesse du rosé, les lecteurs pourront s’immerger au Domaine de La Croix, à l’extrémité sud de la péninsule de Saint-Tropez. Ce paysage de vignes vaut tous les discours : le rosé est bien constitutif de cette civilisation du vin (« Sous le signe de la Croix », par Yves Tesson, p. 32-37).
C’est à Minuty que la rédaction a choisi de nouer, une bonne fois pour toutes, le paradoxe. La nouvelle vague du cinéma, qui se rendait à Saint-Tropez dans les années 1950, mit le vin de l’année, le rosé, à l’avant-garde. Là-bas, Minuty peaufine son savoir-faire pour la prime jeunesse depuis pas moins de 90 ans ! (« Saga : et Dieu créa Minuty », par Yves Tesson, p. 56-61). La couleur reine de Provence a fait des émules ou remis sur le devant de la scène les historiques comme Tavel (« Pépites : le meilleur des deux mondes », par Mathieu Doumenge, p. 98) et dans les principales régions viticoles.
Outre la Provence, notre sélection de rosé compte des références du Languedoc, du Roussillon, du Rhône, de la Loire, de Bordeaux, de l’Alsace, du Sud-Ouest, de la Champagne, sans oublier des crémants, un choix pléthorique qui se parcourt au cœur du magazine. De plus, la rédaction de Terre de Vins a tout prévu pour aborder les vacances avec le sérieux qui s’impose. Jean-Michel Brouard décrypte l’incontournable de l’été, le barbecue, avec des recettes variées assorties de recommandations éclectiques (« Barbecue, le goût de l’été », p. 108-115), quand Frédérique Hermine ose des accords originaux avec le classique poulet rôti (p. 116). Enfin, échappez-vous à Sète avec Yoann Palej, il connaît toutes les bonnes adresses (« Pulsations singulières », p. 122-129).
Ne tardez donc pas à ouvrir cette parenthèse estivale avec notre nouveau magazine. La chaleur des derniers jours nous invite d’autant plus à ralentir le rythme que, dans les vignobles, les vacances s’achèveront à la mi-août avec quelques semaines d’avance par rapport au calendrier du XXème siècle. Toute l’équipe de Terre de Vins vous donne rendez-vous pour les premiers coups de sécateurs. En attendant : bel été !

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