Mercredi 27 Mai 2026
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27.05.2026
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Où se situe le vignoble de Bordeaux aujourd’hui ? Au milieu du gué. Les propriétés ont intégré les rigueurs du changement climatique et l’évolution du goût des consommateurs. Pour s’y adapter, elles entament une mutation en profondeur. Dans son numéro consacré aux primeurs 2025, la rédaction de Terre de Vins est allée au contact des femmes et des hommes qui incarnent ce renouvellement.
Moins de bouteilles pour davantage de visages, en couverture de ce numéro posent les représentants de la nouvelle vague qui déferle dans les vignobles bordelais : Pénélope Godefroy de la Maison Dourthe, Guillaume Pouthier du Château les Carmes Haut-Brion, Anabelle Cruse du Château Corbin, Nicolas Glumineau du Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande et Marie Laure Latorre du Château Lassalle. Chacun apporte son point de vue sur le nouveau millésime en introduction du dossier le plus feuilleté : la « grande dégustation » (pages 68 à 110). Le comité de dégustation, mené par Mathieu Doumenge et composé de Jean-Charles Chapuzet, Michel Sarrazin, Laura Bernaulte et Lucie de Azcarate, y établit un profil foisonnant d’un millésime au « scénario méditerranéen à la conclusion océanique » avec pas moins de 400 vins dégustés et commentés. Pour le contexte, les lecteurs se référeront aux reportages qui attestent du mouvement de fond qui anime désormais le plus grand vignoble de France.
En août 2025, l’annonce du Château Lafleur de sortir de l’appellation Pomerol avait fait fracas. Mathieu Doumenge est allé la rencontre de la famille Guinaudeau pour qu’elle expose ses motivations (« La Source vive », pages 52-55). Que les navires amiraux comme Lafleur changent de bord, envoie un signal fort à tout le tissu viticole. D’autres « grands », les Châteaux Cheval Blanc, Lafite Rothschild, Petrus et Yquem, ont d’ailleurs pris leurs responsabilités : avec l’initiative d’un « Collectif d’utilité régionale » (pages 64-66, Lucie de Azcarate) pour aider des vignerons valeureux. L’élan collectif a des répercussions d’un bout à l’autre du vignoble comme le relate Jean-Charles Chapuzet dans une tribu « Les francs-tireurs de la rive droite » (pages 44-50) et dans une escapade aux confins Est (« Sainte-Foy Côtes de Bordeaux : Complètement à l’est ! », pages 112-118).
Un paysage en pleine recomposition nécessite des repères. Parmi eux, Léoville Barton se distingue avec une histoire longue de deux siècles qui continue de s’écrire (« Un style et 200 bougies » par Jean-Charles Chapuzet, pages 56-59). Quant à Château Palmer à Margaux, mené par Thomas Duroux depuis 2004, il persiste en biodynamie depuis une conversion initiée en 2007 (« Sur le divin avec Thomas Duroux du Château Palmer » par Mathieu Doumenge, pages 36-39). En terres bordelaises, le vin continue donc de fédérer et d’inspirer les vocations. Au Château Croix de Labrie à Saint-Émilion, Pierre et Axelle Coudurier ont posé leurs valises en 2013 et, de néo-vignerons à auteurs d’un grand vin, ils ont gravi tous les échelons comme le relate Jean-Charles Chapuzet (« Haut la barre ! » pages 40-42).
La capitale du vin continue donc de rayonner. Elle s’est d’ailleurs dotée d’un phare, il y a 10 ans, la Cité du Vin à Bordeaux qui rappelle le lien universel entre les hommes et la culture viticole (« Un phare pour une capitale », par Lucie de Azcarate, pages 60-62).
En investisseur avisé, Pierre Gattaz a fait l’acquisition du Château de Sannes dans le Lubéron en 2017. Un confinement plus tard, qui aura eu pour vertu de faire découvrir l’endroit à ses enfants, deux d’entre eux y sont restés. Manon et Thibaut Gattaz s’attachent à rendre toute sa superbe à une propriété afin qu’elle soit, en tout temps, un refuge (« Sannes de corps et d’esprit » par Mathieu Doumenge, pages 122 à 124). Côté sud festif, l’appellation Costières de Nîmes est mise à l’honneur par Marie-Pierre Delpeuch (« Costières de Nîmes, Rhône sur mer », pages 128-131). Quant aux visages du vin de demain, il est possible de les contempler avec le portait de chacun des finalistes au concours de meilleur sommelier de France que dresse Marine Lemmens-Hebrard ("Qui sera le meilleur sommelier de France", pages 136-139).
En fin de magazine, les lecteurs avisés piocheront des conseils pratique. Xavier Thiuzat, sous la plume de Marine Lemmens-Hebrard, intervient en tant qu’acheteur vin pour Air France afin de bien déguster dans les airs (« Les conseils de Xavier Thuizat », pages 132-133). Frédérique Hermine recommande des amers italiens (« L’amertume à l’italienne », page 141) et Rachelle Lemoine une escapade au « Little Red Door » ou du moins la recette de son cocktail emblématique (« Dans le shaker de Hyacinthe Lescouët » page 140). Pour les emplettes et les conseils de lectures, il faut se référer aux dernières pages (« Vinoshopping » page 142 et « Écrivins » page 143) alors que sur l’ultime, le dessinateur Luc Tesson agrémente cette studieuse lecture par un dernier trait d’humour.
En reposant le magazine, vous saurez peut-être si 2025 tient les mêmes promesses que ses prédécesseurs en « 5 » et surtout vous connaîtrez la nouvelle trajectoire de Bordeaux. Bonne lecture !

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