Lundi 23 Mars 2026
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23.03.2026
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Après l’avant-goût des primeurs, voici le goût des livrables du millésime 2023. L’équipe de dégustateurs de Terre de Vins : Julia Bouchet, Jean-Charles Chapuzet et Michel Sarrazin, menée par Mathieu Doumenge, a revu sa copie. Après deux ans d’élevage, les potentiels prometteurs détectés au printemps 2024 se sont confirmés, tandis que ce temps n’a pas toujours comblé les faiblesses de certains échantillons. Finalement, celui qui ressort gagnant de cette année en demi-teinte, qui succède à 2022 reconnue unanimement pour sa qualité, c’est le consommateur avisé qui trouvera, parmi la sélection de Terre de Vins, des réussites forcément plus accessibles que l’année précédente. Bonne lecture !


Cet Angelus 2023 s'avance sur la distinction racée d'un millésime qui combine à merveille concentration et fraîcheur, aidé par les 40 % de cabernet franc présents dans l'élevage. On aime cet éventail aromatique au fruit juste, à la note à la fois zestée et florale, un équilibre qui se retrouve en bouche : la tension vient jaillir sous la chair pulpeuse, apportant vibration, énergie et ressort à la matière. C'est un vin fuselé, précis, mesuré, qui se déroule en grande finesse, et surtout en détails : chaque facette a son importance, surtout sur le plan de l'aromatique et de la texture en dentelle, et vient imprégner le vin d'une singularité remarquable. La longueur saline et salivante vient emporter l'ensemble.

Le raffinement même, un nez poudré et vertical, méticuleusement tressé, irrigué et lumineux. C'est indéniablement un vin de lieu. La bouche est à l'avenant, pleine d'énergie, fuselée, traçante, séveuse. On est en présence d'une définition tannique remarquable, longue et élaborée avec soin, s'appuyant sur un soutien minéral, crayeux, savoureux et salivant. C'est de la très belle ouvrage, un magnifique vin où la texture et l'architecture se rejoignent en harmonie. La finale, sanguine, salivante, électrique, signée d'amers nobles, est un témoignage supplémentaire de la beauté de ce vin. Du grand Ausone.
❤️ Château Beauséjour 
Un nez d’une très belle précision aromatique, florale à souhait, qui laisse deviner pivoine et rose capiteuse sur un beau nappage de fruit rouge (une cerise presque « pinotante » et une pointe de framboise fraîchement cueillie), annonçant la belle combinaison du merlot et du cabernet sur ce millésime. En bouche, une architecture en dentelle, une suavité de texture juste rehaussée d’un soutien tannique millimétré, intégré avec justesse à la matière délicate et finement charnue. C’est un vin d’une réelle élégance, frais, racé, pulpeux mais élancé, tressé avec beaucoup de soin et d’inspiration. La finale crayeuse, saline, aux amers d’agrumes qui apportent salivation et relance, nous séduit particulièrement. C’est une grande réussite de la part de Joséphine Duffau-Lagarrosse.

Nous avions été subjugués par la qualité de ce Cheval Blanc 2023 en primeur. L'assemblage est 52 % merlot, 46 % cabernet franc, 2 % cabernet sauvignon. La photographie d'un Cheval Blanc classique, en somme, et ce millésime vient bien résumer la quête stylistique de la propriété. Le crémeux aérien nous saisit immédiatement, en suspension lumineuse. La définition même de ce vin est d'une pureté incroyable, d'une texture étincelante, au toucher poudré, limpide, aérien, qui vient juste électriser et relancer la matière d'un incroyable velouté. La longueur est infinie, teintée de rose, de pivoine, d'orange sanguine, de violette, un végétal noble se prolonge en majesté, mais on en revient encore à la dimension tactile de ce vin, presque digne d'un blanc, en finesse sculptée confinant au sublime.

S'annonçant sur un crémeux séducteur irisé d'une fine salinité et d'une note de camphre, La Gaffelière confirme son retour au top. On retrouve en bouche un velouté souverain, savoureux, une chair crémeuse qui se pare d'une fine dentelle de tanins. L'aromatique est sensuelle et gourmande, la structure impeccable de précision. C'est un grand oui !

Nez très affriolant, sur la grosse cerise noire. Attaque très profonde, avec cette noblesse saint-émilionnaise. C'est riche et onctueux, l'élevage est présent et renvoie des notes de café et de chocolat. Finale épicée.

60 % merlot, 40 % cabernet franc. Un profil taillé sur la droiture, signé par une matière déliée et digeste, un ajustement équilibré entre la maturité et la structure. L'élevage, intégralement en barrique neuve, est subtil mais doit encore se fondre. Ce 2023 aura en tout cas de sérieux arguments sur la durée.

Nez très discret et qui s'ouvre sur les épices douces. L'attaque est vive et suave, la trame est sur le velours, la grosse cerise noire tapisse le palais. Une finale sur l'élevage.

L'éclat du fruit nous saisit immédiatement, précis, vertical, propulsif. Il se pare en prime de notes florales d'une belle élégance. On relève une nouvelle fois l'incroyable travail d'orfèvrerie réalisé sur les tanins de BSB, qui se définissent en taffetas, étirant la chair souple et juteuse, apportant relance et longueur. La délicatesse ne concède rien à la densité en bouche, qui s'affirme en cohésion, jusqu'à la finale, séveuse, mordante, dont la mâche salivante appelle la gorgée suivante. Bravo !

Très floral dès le premier nez, sur une minéralité poudrée, une élégance fusante, ancrée, il promet d'emblée. La signature calcaire du vin s'exprime à travers sa chair finement tressée, svelte et tonique, la définition crayeuse des tanins qui l'élancent et la propulsent. Il y a beaucoup d'énergie et un grand caractère digeste dans ce 2023 qui ne joue pas sur la démonstration mais résolument sur l'élégance.

Au nez, ce sont la boîte à cigares et la framboise qui nous accueillent. L'attaque est vive, c'est une architecture sur la tension, qui offre un beau potentiel de garde. Les tanins sont encore serrés mais poudrés, ce qui lui apporte de la gourmandise.

Mûre sauvage, touche de ronce, éventail floral : Berliquet met la gomme. Superbe énergie en bouche, qui se construit et se développe sur une vigueur sanguine, une mâche tubulaire escortée de tanins poudrés. D'une impeccable cohésion, jusqu'à la finale savoureuse.

Nez crayeux avec une très belle déclinaison de menthe. L'attaque est vive, la structure tannique est imposante et l'élevage encore présent. La fraîcheur et la tension de ce vin méritent du temps.

Un peu sur la réserve lors de notre dégustation, il met du temps à s'exprimer. L'aromatique n'est pas très exubérante, juste sur un fruité simple, des notes florales discrètes. La bouche, en revanche, se construit sur une chair droite, cohérente, qui ne déborde pas mais investit bien la structure tannique sculptée, sur une ligne acide bien en verticalité. C'est joliment dessiné, à défaut de provoquer une immense émotion.

Le nez impose d’emblée sa classe : lumineux, précis, avec cette profondeur tranquille qui signe les grands terroirs. Une évidence aromatique portée par la framboise fraîche, la groseille et une subtile nuance florale. La bouche déploie une puissance soutenue par une longueur déjà remarquable. Le calcaire imprime sa marque : tension crayeuse, fraîcheur tactile, sensation de verticalité qui dépasse le simple effet millésime. Le fruit rouge éclatant reste au centre, encadré par une structure énergique. L’ensemble conjugue densité et éclat, avec cette impression que le terroir l’emporte sur l’année.

Un profil signé par la fraîcheur, la vitalité, la floralité, la pulsation joyeuse, qui annonce un vin d'une belle élégance et taillé sur la buvabilité. Sa silhouette gracieuse se déroule en souplesse, avance à pas de chat, sur un tapis de tanins à peine grenu qui lui apporte de l'accroche et de la mâche. La proportion importante de cabernet franc (45 %) et les 20 % de cabernet sauvignon viennent résolument signer ce 2023 très racé.

Le premier nez est fermé avant de s'ouvrir sur des notes de fraise écrasée. On retrouve cette palette aromatique en bouche avec beaucoup de sucrosité, témoignant d'une importante maturité du raisin. La finale est sur le café et le chocolat noir.

Nous avaient noté en primeur une progression sur cette propriété. Elle se confirme en livrables : jolie signature aromatique sur un fruité pimpant, du tonus, de l'allant. La bouche s'est bien densifiée, elle se campe sur un crémeux agréable, une matière mezzo-mezzo mais des tanins brossés avec soin. Finale acidulée, vivace.

Le nez s’ouvre sur une expression marquée par l’acidité et un caractère herbacé assez présent. L’ensemble reste dans un registre vif, presque strict. La bouche est tendue, avec des tanins encore fermes qui demandent à se polir. La finale offre une groseille croquante qui apporte un peu d’éclat.

Le nez annonce une très belle mâche et de la puissance. L'attaque confirme, c'est ample et tendu, fruité et salin. Il y a de la gourmandise dans ce vin et la noblesse d'un grand saint-émilion. Le Clos de Sarpe délivre un très beau 2023.

Le nez est fermé avant de s'ouvrir sur de la groseille. L'attaque est très serrée, les tanins sont encore prisonniers de l’élevage. Des notes fraîches de menthe et de chocolat tapissent le palais. La finale est très saline.

Un peu fermé le jour de la dégustation, en tout cas engoncé. On doit aller le chercher. Et cela vaut la peine, car il se tient bien en équilibre, sur une concentration ajustée, une bonne définition des tanins et de l'acidité. L'élevage est encore un peu « too much », il graisse l'attaque mais vient serrer la finale. On va le suivre sur la durée.

La fraîcheur domine le profil de ce 2023 qui s'annonce sur l'éclat, la jovialité. La bouche est savoureuse, tendre, très digeste, les tanins arborent un joli grain. Comme en primeur, on lui trouve une belle dose de charme mais aussi un léger creux : il se situe un cran en dessous des millésimes récents de Corbin, qui affirme depuis quelques années un splendide renouveau. Malgré ce bémol, pas de méprise : c'est très bon.

Note de cuir, léger fumé, pierre chaude, herbes médicinales, c'est un nez fort intéressant qui se profile. Joli travail sur la pulposité du vin dès l'attaque, qui ensuite vient se resserrer sur des tanins un peu stricts, et se conclure sur des amers nobles. L'ensemble doit encore se fondre.

Il était coup de cœur en primeur, et on ne se dédit pas. La crémosité plongeante, profonde, la chair sensuelle et fraîche, les notes d'encre de Chine sur le fruit noir, les touches de violette et de réglisse, pas de doute, il y a du monde ! L'élevage se discerne encore mais va se fondre sans bémol. En bouche, une chair sphérique, ronde, enveloppante et enrobée, des tanins intégrés, beaucoup de gourmandise, de fond, c'est une belle réussite du millésime, une nouvelle fois pour cette propriété.

Il ne se pose jamais sur un registre démonstratif, mais plutôt délicat : La Croizille vient apporter son style délié et éminemment buvable au millésime 2023. La chair est svelte, les tanins un peu raides et anguleux, la colonne vertébrale acide vient injecter vivacité et croquant... C'est en finesse, sur le versant fluet du millésime, mais non dénué de charme.

Cassis et cèdre, une jolie crème de mûre, un enrobage bien tendre, une aspersion de violette, ce Dassault déploie une sacrée séduction ! La bouche est un léger cran en dessous, un peu plus mince, mais elle s'habille de tanins brossés avec soin, sur une bonne structure qui ne préempte pas la chair. L'équilibre est là, confirmant le joli renouveau stylistique de cette propriété.

On pourrait reprendre mot pour mot le commentaire écrit lors des primeurs : la puissance concentrée de Destieux se retrouve sur ce 2023 qui met les curseurs assez haut. Capiteux, entêtant, dense et presque lardé, il déroule sa gourmandise sur une bouche ample. La différence est que les tanins se sont assouplis à l'élevage et qu'ils accompagnent très bien l'ensemble, conclu par une note réglissée.

Un très joli nez sur la groseille et la fraise écrasée. L'attaque et vive et portée par une belle acidité. C'est élégant et pur, les tanins tapissent le palais et la finale est saline. Beaucoup d'accessibilité.

Un très joli nez sur le fruit noir prévient d'une belle profondeur, sinon d'une grande noblesse. L'attaque est vive, c'est très pur et droit. Rien ne dépasse pour une valeur sûre de l’appellation. La finale acidulée donne du peps.

Le nez est séducteur, sur la groseille et la menthe. L'attaque est vive, l'ensemble est équilibré et tendu. Ce 2023 fait dans le grand classicisme de Saint-Émilion. La fraîcheur donne de l'éclat et la final est très sapide.

Ce 130ème Figeac de la famille Manoncourt exprime le meilleur des atouts du millésime. De la séduction en tout : touches florales – fleur de sureau et pivoine – et de tilleul au nez, un volume parfaitement contrôlé qui propose un parfait équilibre entre mâche et accessibilité. Les cabernets, majoritaires (32 % franc, 27 % sauvignon, le solde en merlot), sont jugulés pour apporter de la densité et de la nervosité. La chair est sensuelle et savoureuse, les tanins d'une incroyable intégration, nobles, irrigués de sève. La fraîcheur, détectée au nez, se confirme en bouche jusqu'à la finale complétée par une douceur salivante et saline. C'est long, très long, dynamique et pulpeux.

Le caractère poudré de ce vin s'installe dès le nez avec de la menthe, du chocolat, du café et des fruits rouges. L'attaque confirme cette impression avec un côté très tactile. le velours donne de la largeur et de la longueur au vin. Cet assemblage de 58 % de merlot, 33 % de cabernet franc et 9 % de cabernet sauvignon va défier les années grâce à cette tension sous-jacente. Il va aussi procurer beaucoup de plaisir dans sa jeunesse. La finale sapide achève cette idée de coup de cœur.

Le premier nez est fermé, avant de s'ouvrir sur des notes délicates de moka. L'attaque est fine, raffiné, le chocolat au lait enrobe le fruit à noyau. Les tanins sont très suaves, c'est l'école de la finesse, de la pureté du fruit jusqu’à la maîtrise de l'élevage.

Nous l'avions mis coup de cœur en primeur et il tient sa promesse : le nez, précis, à la maturité pulsante et ajustée, séduit par son énergie ascendante. La chair en bouche est pleine, veloutée, dynamique, irisée de tanins très élégamment tressés, au toucher poudré. Une belle propulsion acide étire la matière et lui apporte un supplément de jutosité, jusqu'à la finale, enlevée, savoureuse, saline. Une réussite !

Une délicatesse rare au nez. La bouche se montre élégante, avec une expression du fruit parfaitement maîtrisée. Le registre floral domine, avant qu’une touche crayeuse ne vienne signer la finale. Un Clos Fourtet qui met en avant l’effet millésime, tout en restant solidement ancré dans son terroir.

On lui trouve une jolie distinction, un fruité centré qui se dessine en subtilité. Une auréole florale vient surplomber la chair tendre. Bouche très savoureuse, élancée, aux tanins moelleux et fondus qui soutiennent avantageusement la mâche. Léger délié en finale. Très digeste !

Un nez plutôt sur la réserve, signé par une réglisse discrète. Un jus bien centré, aux tanins fondus qui escortent la matière dessinée en rondeur. Plutôt sphérique, la silhouette du vin tapisse la bouche mais se révèle légèrement courte en finale. L'ensemble est plaisant, digeste.

C'est le 28ème millésime de François Despagne, ce magicien qui sait si bien valoriser une vendange. L'excellence est encore au rendez-vous. Dès l'attaque, le vin apparaît accompli. La mâche est pleine, sans excès, attestant d'une parfaite maîtrise de l'extraction : on reste sur un beau jus de bout en bout, habité par un fruit noir mûr, un rien réglissé. C'est gourmand tout en ménageant une colonne vertébrale dense et fondue, presque invisible mais qui joue son rôle en assurant une direction. On aimera cet oscillation entre concentration et fruit savoureux. Le boisé ne dépasse pas. Équilibre parfait.

Le classicisme intemporel de Grand Mayne se retrouve sur ce 2023, qui combine un toasté fin, une maturité bien centrée, twistée d'un zeste d'orange amère. La bouche est sérieuse, taillée en droiture, sur une matrice tannique consistante et élégante. Il s'étire bien en longueur, sans accrocs ni débords.

Le classicisme saint-émilionnais par excellence, un tantinet « old school » mais qui a toujours ses amateurs. Haut-Sarpe se pose sur un fruit « al dente », une ligne acidulée, croquante, mordante. Les tanins ont du grip, de l'accroche, mais cela ne dénote pas dans le paysage. Jolie buvabilité au final !

Il s'annonce sur la profondeur. Des notes évanescentes de tabac blond sur un fruit pommadé. En bouche, on discerne une touche d'élevage qui domine un peu le fruit à ce stade. Un trait d'acidité vient affiner la bouche. L'équilibre est en filigrane, un peu de garde lui fera du bien.

Jamais le plus rock'n'roll de la bande (normal quand on s'appelle Couvent des Jacobins ?) mais toujours précis, fidèle à son terroir, jugulé, ancré. Le fruit est bien défini, sans explosivité. La bouche se dessine sur une certaine délicatesse tactile, poudrée, s'articulant sur une acidité saillante. Il n'a pas la chair la plus voluptueuse mais il s'étire superbement en longueur, faisant la promesse d'une jolie garde. Finale déliée et digeste.

Il est, indéniablement, un cas à part dans la famille des crus classés de Saint-Émilion. Son style, son caractère de franc-tireur au goût de cabernet franc, le situent dans une catégorie bien à lui, et on l'aime pour ça. Floral en diable, mais paré d'un fruit percutant, il s'aventure sur des territoires aromatiques et tactiles qui déjouent la simplicité et appellent la table, l'accord mets et vins, la conversation, le commentaire. Celui-ci fait 513 signes, pour en savoir plus, achetez ce vin et régalez-vous.

Le premier nez est fermé puis s'ouvre sur le cassis et la groseille. L'attaque est très riche, ample, la maturité est au rendez-vous de ce 2023. La belle rondeur et la puissance donnent beaucoup de caractère à ce Laniote.

La très jolie distinction de Larcis, en puissance contenue, se distingue une nouvelle fois, entre cerise au marasquin, coulis de mûres, herbes médicinales et fines notes chocolatées. Plein, savoureux et intense, le jus se dissémine en finesse, en longueur, déclinant de multiples facettes aromatiques et tactiles. C'est un superbe vin de texture, à la tendre plénitude, tout en restant affûté et tonique. Bref, c'est un vin complet, une immense réussite s'appropriant l'une des plus belles interprétations du millésime.

Nez sur l'eucalyptus et la tension qui confèrent au vin de la noblesse. La bouche est pure, avec une belle expression des terroirs argilo-calcaires. Joli grain, bel équilibre, la sucrosité et l'acidité se complètent. Une très belle photographie du 2023 !

Une nouvelle fois, Laroque répond présent avec son nez plein de profondeur et d'allure, combinant le fruité, le floral et une minéralité racée qui nous parle du lieu. Un velouté riche et tendre signe l'attaque, qui se contracte ensuite vers une finale zestée, sur l'orange sanguine. Tanins poudrés, potentiel prometteur.

Le nez met l’accent sur la fraîcheur, avec une expression nette et dynamique. En bouche, le vin se montre délicat, fruité, porté par une trame bien étirée. Des notes de café, de moka et même de liqueur de café viennent enrichir l’ensemble, dans un registre légèrement démonstratif.

Profondeur, profil plongeant, Mangot 2023 joue sur la générosité mais aussi la fraîcheur. C'est un vin qui a des hanches et du muscle, cela se distingue d'emblée. Sur ce millésime, un bel équilibre a été saisi, entre la densité charnue et les tanins qui ont un peu d'aspérités, de relance. Tout cela combine bien dans un jus séveux, savoureux, long et granuleux, qui appelle le verre suivant. L'une des belles bouteilles de ce millésime !

La Marzelle nous a habitués à s'annoncer sur un registre séducteur, finement vanillé sur le fruit sensuel, et ce 2023 ne déroge pas au style de la maison. La bouche est svelte et tonique, déliée mais équilibrée, tenue par des tanins à grain fin, une bonne fraîcheur en soutien. La persistance parfumée est à noter.

Un Monbousquet sur la finesse et l'allant, qui conjugue une certaine rectitude en bouche et une agréable fraîcheur. L'habit tannique est ferme mais intégré, il structure la matière en verticalité, signant un 2023 qui a de la longueur et du caractère. Légère aspérité en finale, qui devrait se fondre.

Grande distinction, c'est ce qui nous vient immédiatement en mettant le nez dans ce verre de Mondotte. Cassis, minéralité, feuille de menthe écrasée, touche de bâton de réglisse, la palette aromatique est avenante. En bouche, le vin se signale avant tout par sa structure tannique, de belle élégance et superbement intégrée, mais qui arbore encore une certaine fermeté. La longueur est remarquable. On doit indéniablement l'attendre pour qu'il s'attendrisse, mais il porte tous les oripeaux d'un grand vin en devenir.

Le premier nez est fermé et s'éclaircit sur des notes fumées et de chocolat noir. L'attaque est très suave, un très beau touché tannique sculpte ce vin, l'ensemble est bien équilibré. On retrouve les amers du chocolat noir en finale.

Nez sombre et profond qui confère de la noblesse. L'attaque est très énergique mais reste canalisée. Ce 2023, avec cette tension, permet à la bouche de se tendre. Fruité et délicat, acidulé et suave, c'est une belle peinture du millésime.

Joli parfum au premier nez, un fruit plein voire légèrement confit, notes légèrement grillées. Ce 100 % merlot se signale par un équilibre ténu entre la maturité « al dente » et un habillage tannique légèrement strict qui vient encore lui donner un poil d'austérité. La garde lui fera du bien.

La palette aromatique lorgne entre fruit noir mûr à point, fleurs mauves capiteuses, touches de noyau et de ronce de mûrier. Beaucoup de finesse dans le jus, une matière construite en délicatesse et portée par des tanins sans couture. C'est l'élégance même, tout en courbes séduisantes et en buvabilité.

Un Pavie 2023 ajusté en mode haute-couture, le tissu près du corps, sans accroc ni tissage apparent. L'équilibre du millésime est particulièrement intéressant, entre une tonicité fraîche et une concentration élancée. Le jus est plein, droit, sapide, propulsif et sanguin, porté par une gaine tannique minutieusement ciselée. C'est d'une très belle persistance, conclu par une fraîcheur zestée, revigorante. La puissance canalisée par la race du terroir. Attention, grand potentiel de garde (mais à Pavie, c'est un acquis).

Volumineux, ce vin offre de la profondeur. Mais Pavie Macquin assure son statut en parvenant à conjuguer puissance et subtilité. Le bouquet est envoûtant, très floral, et la bouche offre une chair juteuse aux tanins bien dimensionnés. On hésite avec bonheur entre le fruit rouge et la fraîcheur. C'est long et de grande classe.

« Une certaine intensité de fruit noir, une touche lactée et chocolatée. La matière est pleine, sphérique, irisée de tanins finement grillés, un élevage bien intégré et élégant. » Voici ce que nous avions écrit sur ce vin lors des primeurs et, après élevage, la bonne nouvelle est que le résultat confirme cette bonne première impression. Il en a sous la pédale et mérite d'être attendu, mais c'est un joli jus en 2023.

Un nez très charmeur sur la cerise, qui nous indique l’appellation. L'attaque est très large, on retrouve cette cerise avec de la fleur de sureau. C'est ample, large, il y a du monde qui s'invite sur le palais et la finale sapide donne envie de le partager.

Classicisme n'est pas un gros mot lorsqu'on parle de Pressac, qui reste bien dans son couloir et, millésime après millésime, confirme son statut de valeur sûre. Le fruit est plein, assez plongeant et dense. La matière est droite, campée, juste enrobée d'un soupçon de sucrosité et de tanins qui s'imbriquent harmonieusement. La finale est acidulée, juste twistée par un peu d'accroche.

Nez puissant sur le cassis et la groseille. L'attaque est vive, avec de la menthe et, plus largement, des notes végétales. C'est tendu, étiré, ce qui confère de la longueur et un beau potentiel de garde. Il faut être patient.

La profondeur et la minéralité sanguine qui s'annoncent au nez, pas de doute, le terroir de Rochebelle parle une nouvelle fois. C'est fumé, profond, l'âtre froid vient souffler sur le fruit noir et la pivoine, c'est l'élégance même. La bouche nous emballe : juteuse à souhait, articulée sur une architecture calcaire qui trace naturellement des tanins crayeux et poudrés, elle décline une chair qui vibre, pleine de relance et de sève. Aussi intellectuel que sensuel, ce vin de lieu se taille une jolie place parmi les réussites du millésime.

Le nez s’exprime sans retenue sur le cassis et la fraise écrasée, relevés d’une nuance lactée et légèrement chocolatée. La bouche confirme cette impression avec une attaque ronde. Le milieu de bouche se relâche légèrement, donnant une sensation plus diffuse, ponctué d’une discrète note grillée en finale.

Approche fuselée et percutante sur cette interprétation du millésime 2023, qui se profile en version épurée. Une matière « à l'os » de la matrice calcaire, un jus fin et élancé mais campé sur une ossature tannique très crayeuse. Finale juteuse et croquante. À la garde, il devrait s'apaiser et se révéler.

Ce cru classé de poche (1,36 hectare) encerclé de « premiers » déroule sa partition habituelle, entre concentration et profondeur, nappée d'un élevage encore prégnant. La bouche se signale par un bon volume, une chair sphérique habillée de tanins fins. Finale capiteuse et épicée. Il est indéniablement à attendre.

Sansonnet a l'habitude d'envoyer naturellement du watt, terroir oblige, et ça se ressent une nouvelle fois sur ce 2023. Dense, musculeux, plein, il se pare d'une très jolie matrice tannique, poudrée, ciselée, juste gainante sur cette matière pleine et tubulaire. L'équilibre est remarquable.

Château La Serre sort souvent son épingle du jeu dans la galaxie des crus classés de Saint-Émilion. Nous l'avions distingué coup de cœur en primeur en 2023. Après élevage et mise en bouteille, il tient magnifiquement son rang, déclinant sa silhouette racée, ancrée sur le plateau calcaire. Le fruit est à la fois juteux, salin, propulsé en verticalité, floral et poudré. Beaucoup de délicatesse dans le toucher de bouche, de finesse mais aussi d'énergie, et une très belle persistance salivante et fraîche. Un vin plein d'éclat et d'allonge, qui nous réjouit, une nouvelle fois.

Le premier nez est fermé puis s'ouvre sur des notes mentholées. La bouche est élégante, avec une palette aromatique sur les épices douces, la réglisse. Une jolie fraîcheur guide l'ensemble, délivrant un belle expression du terroir sur un millésime frais.

La fraîcheur fidèle à ce millésime ressort dès le nez avec des notes mentholées. L'attaque est riche, puis la tension retombe sur une palette aromatique jonglant entre le chocolat noire et la bigarreau. La finale présente des notes vanillées.

Le nez est très vivant, sur le caractère acidulé de la cerise cœur de pigeon. L'attaque est sanguine et fraîche, les tanins sont souples et électriques. L’ensemble est équilibré et l'on retrouve des notes acidulées en finale.

Le nez présente des notes de café et des arômes toastés. L'attaque est sèche, le jus s'invite en milieu de bouche sur la groseille et la mûre. Les tanins sont encore un peu serrés. La finale est saline. Un beau potentiel de garde en perspective.

Quel crémeux, quelle belle silhouette aérienne et féline, suspendue, quel parfum frais et éclatant. Troplong 2023, c'est de la pure classe. Le jus contemporain, qui s'annonce d'abord sur le plaisir, la gourmandise, l'énergie, et qui ensuite impose le fond, la longueur, la persistance, la très grande définition de tanins. C'est un vin totalement savoureux, plein, poudré dans la définition de ses tanins, et in fine, qui s'avère empli d'une sève jubilatoire et persistante. La tête et les jambes, le physique et le cerveau, c'est le meilleur des mondes.

Toujours cet ancrage calcaire puissant et jugulé, qui imprègne naturellement le jus de TrotteVieille. Le lieu parle avant tout, ce plateau calcaire qui vient apporter une dimension sanguine, énergique, zestée au vin, dont l'architecture se déroule de façon tactile, poudrée, salivante. C'est un vin monté sur ressorts, qui affirme sa classe et s'inscrit sur un très long potentiel de garde.

Le moelleux caractéristique de ce vin, tendre et profond, se retrouve sur ce millésime. Une dimension sphérique, pleine, ourlée, qui est la signature de Valandraud. Une nouvelle fois, le travail sur les tanins est remarquable, la définition se dessine en deux temps, derrière la générosité apparente se distingue un croquant, une granulosité dans le toucher de bouche qui vient apporter le point de détail qui fait la différence. Finale moka, cacaotée, très caractéristique.

Une propriété en pleine « redécouverte » depuis sa reprise en 2021. Le terroir calcaire est là depuis toujours et les ajustements techniques indiquent une progression constante. Belle définition en droiture, tanins crayeux, du ressort, l'empreinte du lieu parle, et sur ce millésime elle revêt une identité sanguine et savoureuse qui lui va bien.

Fraîcheur sur le bâton de réglisse, note de noyau de cerise, ce 2023 aborde le versant vivace du millésime. La bouche embraye sur cette première impression, calée sur une charpente acidulée, saillante, qui vient trancher dans la chair mince. Les tanins ont un peu de grip, l'ensemble doit encore s'harmoniser.

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