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Un projet de champagne double nickel entre Tony Parker et Robert Wessman

Tony Parker et Robert Wessman ©FHermine

Auteur

Frédérique
Hermine

Date

10.02.2026

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Avec TP9 et Four Rings, Tony Parker et Róbert Wessman signent bien plus qu’un champagne de célébrité. Ils posent les bases d’un projet patrimonial sur le temps long, à la croisée du sport de haut niveau, de l’entrepreneuriat international et de l’excellence viticole.

Dans le monde du champagne, rares sont les projets qui naissent d’une rencontre aussi improbable que celle entre Tony Parker, légende mondiale du basketball, et Róbert Wessman, entrepreneur islandais au parcours hors norme. « Une aventure entrepreneuriale fondée sur l’audace, la vision long terme et une passion partagée pour le vin » résume Emeric Capdevielle, directeur marketing et commercial de la Maison Wessman. Elle s’incarne aujourd’hui dans deux cuvées de champagne à forte charge symbolique : TP9 et Four Rings.  « Un jour, un ami m’appelle et me dit : “Je pense que ton rêve va se réaliser.” », raconte Tony Parker. « Je rêvais d’avoir mon propre champagne mais je voulais un partenaire, parce que je viens du sport, du travail en équipe. Quand il m’a dit que ce mec venait d’Islande, qu’on allait le rencontrer à Bergerac et qu’il fallait faire sept heures de voiture, je l’ai traité de fou. Et puis quand j’ai rencontré Robert et sa femme j’ai compris. Ils dégageaient une énergie et une passion incroyables. »

T9 et Four Rings

Ce coup de foudre humain s’inscrit dans une logique de reconnaissance mutuelle entre le champion sportif et le milliardaire de l’industrie pharmaceutique. Ils partagent les mêmes valeurs : audace, exigence, travail. Tony Parker, qui a bâti sa carrière sur la durée et la performance collective, se reconnaît immédiatement dans le parcours de Wessman : « J’ai lu son histoire, son business pendant dix ans, et j’étais étonné de tout ce qu’il avait accompli, surtout en venant d’Islande. Mais moi aussi je viens de nulle part. Mon père est américain, ma mère hollandaise, je suis né en Belgique, mais je suis français. Quand je me suis retiré du sport, j’ai voulu faire quelque chose dans le vin. Et le champagne est mon vin préféré ». La genèse du projet est à l’image de ses fondateurs : démesurée et assumée avec juste l’ambition de « faire le plus grand champagne ». La femme de Robert a l’idée du nom : Four Rings, en référence aux quatre bagues NBA remportées par Tony Parker. « Dans l’histoire de la NBA, on est seulement 50 à avoir gagné quatre bagues. C’est extrêmement difficile et ça  témoigne de la longévité. Et Robert m’a dit : on va faire quelque chose sur le long terme. Mon rêve se réalisait ».

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Four Rings 2014 - Tony Parker x Robert Wessman
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TP9 - Tony Parker x Robert Wessman

Une implication totale

Ce projet repose sur une implication totale des deux hommes. Emeric Capdevielle précise qu’il s’agit d’un « véritable partenariat. Tony Parker et Robert Wessman ont créé une société à part égale. Tony Parker n’est pas seulement un ambassadeur, il est propriétaire de la marque à 50-50. Il a développé avec nous les champagnes, les packagings, le choix des bouteilles, des cuvées, les assemblages avec des dégustations en France et à New York ». La création des cuvées s’est appuyée sur le géant coopératif Terroirs et Vignerons de Champagne (TEVC), dirigé par Christophe Juarez. « C’est un lancement mondial. Le champagne n’est pas encore commercialisé, mais vu l’aura de Tony Parker en France et aux États-Unis, nos marchés prioritaires seront dans l’Hexagone et aux États-Unis. Ensuite l’Angleterre, l’Allemagne, le Japon, et l’Islande bien sûr. Deux cuvées incarnent cette vision : TP9, en hommage au numéro mythique de Tony Parker aux Spurs de San Antonio, est un Brut accessible, destinée au grand public, proposée autour de 35 €. Four Rings, issue du millésime 2014, est une production exclusive pour le CHR (6 000 à 8 000 bouteilles), dont le prix devrait avoisiner 150-200€.

Projets multiples

Ce projet champagne s’inscrit dans une stratégie d’investissement bien plus large portée par Robert Wessman. L’homme d’affaires islandais, issu de l’industrie pharmaceutique, s’est implanté en Dordogne il y a une vingtaine d’années en tombant amoureux en 2005 du Bergeracois où il rachète le Château Saint-Sernin, puis le Domaine des Verdots. Aujourd’hui, il possède environ 60 hectares dans ce vignoble du Sud-Ouest, auxquels s’ajoutent 28 hectares de chardonnay dans l’Aude, sur l’appellation Limoux. Marie-Cécile Mainhagu, directrice marketing, détaille cette galaxie d’investissements : « Nous avons trois marques, trois univers. Avec Norah Jones, qui est investie et actionnaire de la Maison Wessman, la gamme This Life, très forte à New York, au Canada et au Japon. En 2024, une gamme avec JJ Julius Son, chanteur du groupe islandais Kaleo. Et aujourd’hui le champagne avec Tony Parker. »

La Maison Wessman atteint désormais 86 hectares res de vignoble et développe également une vision lifestyle et œnotouristique, avec notamment un restaurant porté par Thierry Marx, au Château Saint-Sernin.

Tony Parker, de son côté, poursuit aussi une stratégie viticole ambitieuse. Depuis 2022, il est propriétaire du Château Saint-Laurent à Morières-lès-Avignon, en Côtes-du-Rhône : 40 hectares, avec une bâtisse du XIVᵉ siècle, un projet œnotouristique d’envergure associant hôtellerie, restauration, truffières, mariages et séminaires. Associé à Saïd et Yousfi, fondateur de Wineted, Parker produit aujourd’hui environ 200 000 bouteilles. Pour lancer les travaux, une levée de fonds record avait permis de réunir un million d’euros en moins d’une heure. En revanche, certaines aventures se ferment : le partenariat avec Michel Reybier en Côtes de Provence, au domaine La Mascarone, ainsi que dans les champagnes Jeeper, a pris fin l’an dernier.

Robert Wessman, Tony Parker et Ksenia Wessmann
Robert Wessman, Tony Parker et Ksenia Wessman