Le classement décennal des vins de Saint-Émilion, révisé en 2012 et qui faisait l’objet de contestations de la part de trois châteaux de l’appellation, a été validé vendredi par le tribunal administratif de Bordeaux, a-t-on appris auprès de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO).

« Près de trois ans après la fin des travaux de classement des vins de Saint-Émilion ‘Grand cru’ (…) un jugement du tribunal administratif de Bordeaux vient de valider les propositions formulées en 2012 », se félicite dans un communiqué l’INAO, dépendant du ministère de l’Agriculture et chargé tous les dix ans de la révision de ce classement.

« Par cette décision, le tribunal administratif confirme la validité de la démarche suivie, la fiabilité des procédures mises en place, la rigueur avec laquelle elles ont été appliquées », poursuit l’INAO.

Le jugement souligne « la légalité de la procédure d’élaboration du règlement de classement et la qualité des travaux de la commission de classement », ajoute-t-il.

Le premier classement des vins de Saint-Émilion a vu le jour en 1955. Véritable enjeu commercial et financier, ce classement est révisé tous les dix ans. En 2006, pour la première fois, il avait été annulé par la justice, saisie par huit propriétés déclassées.

Le classement de 2012 devait le remplacer. Sur les 96 candidats ayant déposé des dossiers pour figurer dans la liste des prestigieux « grands crus classés » et « premiers grands crus classés » de Saint-Émilion, 82 avaient été retenus.

Trois châteaux déclassés, Croque-Michotte – grand cru classé jusqu’en 1996 puis éconduit et déjà à l’origine de la demande d’annulation en 2006 -, La Tour du Pin Figeac et Corbin-Michotte avaient décidé de saisir la justice.

Ils contestaient notamment le fait que la note de dégustation ne soit pas le critère prépondérant pour l’entrée dans le prestigieux classement, et fustigeaient des critères, à leurs yeux accessoires, tels que la nécessité d’avoir une salle de réception dans le domaine et du personnel d’accueil multilingue.

Après l’annulation de 2006, l’INAO s’était entouré de deux organismes de contrôle tiers et indépendants, pour se prémunir de toute nouvelle contestation.

L’appellation Saint-Émilion est la seule à remettre en cause tous les dix ans son classement de grands crus. Les deux autres classements des grands vins de Bordeaux, celui de 1855 pour les Médocs et Sauternes et celui de 1959 pour les vins de Graves, sont figés depuis leur création.