Photo Frédérique Hermine.
Photo Frédérique Hermine.

Le cru de la Vallée du Rhône fête ses 25 ans, toujours en rouge et en puissance. Gros plan sur une appellation résolument sudiste.

Vacqueyras est incontestablement un vin du Sud, chaleureux et épicé. Ce terroir de la vallée du Rhône méridionale, au beau milieu du Vaucluse, ne s’étend que sur deux communes, Vacqueyras (qui tire son nom du latin Vallea Quadreria, vallée des pierres) et Sarrians, au pied des dentelles de Montmirail. Un vin méditerranéen au caractère bien trempé, aux tanins puissants et aux fruits très mûrs. En 1937, il était dans l’aire d’appellation Côtes du Rhône, en 1955, en Côtes du Rhône Villages, en 1967 en Côtes du Rhône Villages Vacqueyras et en 1990, il devient l’un des 15 crus de la vallée du Rhône « avec, à son cahier des charges, un rendement fixé à 36 hl/ha, l’un des plus bas de France », annonce fièrement Maxime Bernard, président de l’appellation depuis 2002. « A l’époque, l’Inao ne rechignait pas à accepter les trois couleurs » (c’est d’ailleurs la seule AOC « rive gauche » du Rhône dans ce cas). Néanmoins 96% de la production reste en rouge, à base de grenache noir pour au moins 50%, de syrah et mourvèdre pour 20% minimum. Il développe des arômes de fruits rouges, de pruneau, de violette, de réglisse, de garrigue et d’épices (poivre, muscade). On peut l’essayer sur les truffes en cette saison mais il sied mieux au gibier, aux daubes provençales et bœuf bourguignon.

2015, millésime solaire

Le millésime 2015 s’annonce solaire pour cette appellation qui a récemment connu deux années difficiles, 2012 qui avait vu la mort des vieux grenaches et 2013 avec de fortes coulures sur ce cépage. 200 vignerons produisent du vacqueyras, 80 caves particulières, 5 coopératives dont la cave des Vignerons de Caractère qui commercialise à elle seule près de la moitié de la production, et une trentaine de négociants, surtout régionaux. Les trois quarts de la production se vendent désormais en bouteilles (environ 6 millions par an). Depuis 1990, la superficie de l’AOC a quasiment doublé pour atteindre environ 1500 ha et les exportations sont passées de 17 à 45%, notamment en Belgique, aux États-Unis, aux Pays-Bas… Une bien belle progression en un quart de siècle !