Les rouges des Dentelles de Montmirail

Perchés sur les terrasses des Dentelles de Montmirail ou un peu plus bas sur le piémont, les rouges de ce secteur affichent une énergie et une puissance bien domptées. En particulier sur le millésime 2012, frais et plus léger.

CE PALMARÈS A ÉTÉ PUBLIÉ DANS « TERRE DE VINS » N°31 (SEPTEMBRE-OCTOBRE 2014)

Vinifiés au point de croix les vins des Dentelles ? Bercés par la fraîcheur des cimes, mûris par la chaleur du Sud, les vins rouges du secteur de Gigondas oscillent entre puissance et finesse, toujours dotés d’un sacré caractère. Nous avons choisi de resserrer notre sélection ce mois-ci autour d’un secteur géographique et d’une climatologie bien définis, en sélectionnant quatre appellations : Vacqueyras, Gigondas, Rasteau et Beaumes-de-Venise. Si Rasteau n’appartient pas à proprement parler au terroir des Dentelles, il s’en approche dans la structure de ses vins et offre des similitudes de caractère évidentes avec ses congénères de Beaumes, Vacqueyras et a fortiori Gigondas. Ce sont aussi des rouges de grande profondeur, et pour cette raison, nous avons choisi de les intégrer à notre sélection.

Le millésime 2012, dans le sud de la vallée du Rhône, n’est pas le plus flamboyant. Année pluvieuse mais année heureuse, elle a donné des vins frais, tempérés, avec un peu moins l’accent rocailleux que dans les grands millésimes de garde. Cela dit, cette demi-mesure est la bienvenue, car les vins sont souples, déjà prêts à boire pour certains, et surtout, sous ces latitudes où la chaleur fait vite grimper les degrés, une année plus mesurée est aussi un gage de moindres degrés et de matières plus polies. Lors de la dégustation, les vins sont apparus équilibrés, avec beaucoup de finesse dans l’ensemble. Beaumes-de-Venise a livré quelques spécimens de toute beauté, précis et élégants, Gigondas a tenu son rang, avec des écarts cependant selon les cuvées, mais c’est Rasteau qui emporte la palme de la régularité et de l’équilibre, avec des vins alliant idéalement puissance, subtilité et profondeur. En queue de peloton, Vacqueyras reste au pied des Dentelles et du podium. Sans accrocher les plus beaux jus, cabrés sur des amers et des matières plus simples ou plus rustiques, les vins de cette appellation n’égalent pas leurs pairs, excepté un (il en existe néanmoins d’autres très réussis, soulignons-le, mais qui n’étaient pas présents cette fois-ci dans notre dégustation et nous le regrettons, les vignerons ayant toute liberté pour répondre – ou pas – à notre appel à échantillons).

Dernier point important, et non des moindres : à part une à deux cuvées, tous ces vins tournent autour des 10-15 euros et c’est plutôt une bonne nouvelle pour l’amateur lambda, pas encore millionnaire et prêt à consentir des sommes rondelettes pour une bouteille. Quand on connaît en plus la rudesse de ces terroirs, dont beaucoup sont en terrasses et non mécanisables, on ne peut que saluer le courage des vignerons et leur modération financière. C’est donc le moment et le millésime d’en profiter et de glaner là quelques jolies quilles pour l’automne.

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