Cuisinier, Benoist Gérard a découvert le métier de vigneron à Vaison-la-Romaine. Il a troqué son piano pour quelques cuvées réservées à un petit cercle d’initiés, qui s’agrandit.

Il prend un réel plaisir à vous montrer ses vignes. Trois parcelles de grenaches et syrahs campées sur le versant nord de Vaison-la-romaine. Jovial et disserte, Benoist Gérard vit pleinement sa nouvelle passion. Neo vigneron conscient qu’il a encore beaucoup à apprendre, il reste modeste mais la fierté pointe au détour de la conversation.

Tout débute avec l’achat d’une maison, avec son épouse la comédienne Mimi Mathy. La vigne qui lui fait face tend ses sarments au cuisinier. Devenue sienne, il pense la travailler après avoir découvert la biodynamie chez un vigneron. C’est le déclic. Durant trois années, il apprend le métier et en 2012 « j’enlève les palissages pour lui donner de la liberté ». Le ton est donné. Travail mécanique, pulvérisation de préparas, soufre volcanique, vendanges manuelles et premières cuvées de garage, avec 540 bouteilles de rosé et rouge qui voient le jour, en Vin de France.

« Je n’aurai jamais imaginer faire ce métier », assure le chef cuisinier. Un métier puisque l’exploitation s’agrandit avec la découverte d’une casserole… Celle accrochée à la branche d’un amandier, là-haut sur un harmas, en direction de Séguret. Une parcelle en friche, avec ses oliviers, joliment dénommée le clos des cades. Conseillé par le pépiniériste Lilian Bérillon, le vigneron plante grenaches noirs et blancs et syrahs. Jusqu’à ce printemps, où une autre parcelle en fermage complète le petit domaine de 3 hectares. « Je suis un homme chanceux » dit l’homme incrédule mais travailleur, qui va pouvoir commercialiser 7 000 bouteilles du millésime 2021.

Ses cuvées, baptisées des prénoms de ses enfants et petits-enfants, sont un peu à l’étroit dans sa cave. Barriques, foudre, cuves béton et inox, le vigneron teste la matière. Et se laisse guider par les énergies, assemblant les jus selon la personnalités de ses petits. Exemple avec « Antoine », rouge 2019, issu de grenache, toujours en cuve, qui révèle de jolis aromatiques de fleurs et de fruits noirs. Les tanins sont encore un peu serrés mais la gourmandise est là. Ne pensez pas l’acheter, pour l’instant. Seules « Minois » et « Le Joli Minois » sont distribuées par son agent-caviste implanté à Marsanne (Drôme) et les magasins du réseau Cavavin. On peut les trouver également à la carte des vins de la Maison Pic à Valence !

La prise de recul se fait avec les cuvées « Minois » (28€) et « Le Joli Minois » (30€) 2016. Le premier est flatteur sur des notes de groseille et de boisé accentuant l’astringence. Le second est tout en finesse, plus souple et plus complexe, porté par les fruits bien mures, les épices, le zan. A juste titre, Benoist Gérard préconise le carafage.

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