Photo F. Hermine
Photo F. Hermine

Avec 500 ans d’histoire sur les épaules et plus de 100 hectares à piloter, un pied dans chacune des 8 appellations du Centre-Loire, Catherine Corbeau-Mellot ne manque pas de courage. Elle en a gardé également pour créer Les Dames de Cœur de Loire.

Cette branche Mellot (côté Joseph, le père d’Alexandre) redémarre il y a près d’un demi-siècle, avec 48 ha sur les terres historiques de Sancerre. Elle se développe dès les années 80 par des rachats de parcelles dans tout le Centre-Loire, celle du Troncsec et le domaine Jacques Marchand à Pouilly-Fumé, Pierre Duret à Quincy, Jean-Michel Sorbe à Quincy et Reuilly… Quand elle reprend les rênes du domaine, à la mort de son mari Alexandre en 2005, Catherine poursuit cette expansion avec des prises de participations majoritaires au domaine des Emois (en bio) à Sancerre, en rachetant Geoffrenay-Morval à Châteaumeillant, dernière acquisition en 2014… Plus d’une demi-douzaine de domaines de 5-6 ha ont ainsi rejoint la maison Joseph Mellot en quelques décennies. « Quand on reprend un domaine, on garde le nom et les équipes car on veut garder son histoire, insiste Catherine Corbeau-Mellot ». La maison commercialise 2 millions de bouteilles par an dont près de 80% en blanc, 20% en rouge et quelques bouteilles de rosés en Sancerre et Reuilly rosés.

Multi-engagements

Catherine Corbeau-Mellot a engagé la maison depuis 2009 dans une politique de développement durable. Premier acteur certifié Iso 14000 du Centre-Loire, elle s’est lancée dans des actions d’économie des ressources, préservation de la biodiversité et des paysages, et engagé dans la campagne 10/10 de Yann Arthus-Bertrand pour la diminution des émissions de CO2. Mais son engagement ne s’arrête pas là. Elle vient de créer une association des vigneronnes du Centre-Loire baptisée Les Dames de Cœur de Loire qui regroupe une trentaine de vigneronnes des 8 AOC de la région. « Après avoir évoqué ensemble les problèmes auxquels nous étions le plus souvent confrontées, nos avons décidé, comme première action, d’œuvrer pour résoudre le problème de personnel et pas seulement en période de vendanges. Il s’agit de donner du travail aux locaux en priorité et de sensibiliser les jeunes en luttant notamment contre les a prioris trop souvent véhiculés par les enseignants : ‘si vous n’êtes pas fils ou fille de vigneron, vous n’y arriverez pas’, ‘c’est un boulot dur et mal payé’, etc. Il est triste aussi de constater que si beaucoup de filles commencent à sortir des écoles d’œnologues, certaines avec des diplômes d’ingénieur viti-eono en poche ne trouvent pas de travail. En revanche, pas de problème pour être recrutée au commercial ou dans les bureaux ! ». Des questionnaires sont donc distribués dans les établissements scolaires, les forums des métiers, dans la presse locale… pour rappeler les formations proposées dans les métiers de la vigne et du vin et leurs attraits, et qu’ils sont « accessibles à tous… et toutes ». Les Dames de cœur rejoignent ainsi le Cercle Femmes de Vin, union d’une dizaine d’associations régionales qui s’attachent à transmettre et pérenniser la culture du vin et à favoriser les échanges et la transmission du savoir-faire.