Mercredi 4 Février 2026
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04.02.2026
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À l’occasion de cette nouvelle édition du salon angevin, nous sommes partis à la rencontre de vignerons récemment installés ou ayant repris le domaine familial et qui démontrent déjà une belle maîtrise de leur art.
Cette année, le salon des vins de Loire avait facilité les choses, les jeunes vignerons étaient regroupés au même endroit et aisément identifiables par une bannière commune. Côté Levée de la Loire et salon des vins Demeter, point de dispositif similaire… Il a donc fallu parcourir les allées pour découvrir des talents nouveaux.
Pour notre première rencontre, direction le Muscadet avec Thomas Joubert. Passionné par le vin, cet ingénieur agronome s’est essayé à des vendanges il y a plus d’une vingtaine d’années mais n’a alors pas embrassé la carrière de vigneron. Avant d’opérer un vrai virage de carrière, ce dernier réalisait des sélections de semences pour les grandes cultures. Autant dire un autre monde ! Mais en 2023, à la faveur de la mutation de sa compagne médecin au CHU de Nantes, il va revenir dans la région et reprendre un domaine qui était labellisé bio depuis 2021. Il va alors modifier beaucoup de choses, préférant notamment les vendanges à la main et les levures indigènes. Cet amoureux du chenin va alors succomber au melon de Bourgogne et à sa minéralité tout à fait singulière. Ses cuvées s’avèrent précises et identitaires à l’instar de la cuvée Gras Moutons 2023 (15,5€) à l’ampleur tapissante couplée à une sapidité poudrée. Vrai coup de cœur pour la cuvée Pont Caffino 2023 (15 ,5€) issue d’un terroir granitique où s’épanouissent des vignes d’âge très divers, parfois centenaires. Belle matière légèrement tannique, étirée et droite, dotée d’une superbe allonge. Un vin particulièrement énergique, sphérique et rémanent en fin de bouche. Côté rouges, le côt 2023 offre un nez déjà expressif, profond et séduisant de fruits noirs guidé par une matière tannique poudrée et une acidité juste.
Dans le Massif central, le jeune Florent Thinon prolonge une passion familiale, c’est de son oncle vigneron qu’il a récupéré les parcelles qu’il exploite. Après des études viticoles à Beaune et des expériences en Bourgogne, dans le Beaujolais, à Saint-Pourçain ainsi qu’au domaine Sérol, référence des côtes roannaises, le voici vinifiant son premier millésime en 2020. Ses 8 hectares sont conduits en biodynamie et la sincérité de sa démarche se transmet dans ses vins. La cuvée Le Crozet 2024 réconforte avec son nez aux fleurs et fruits blancs embaumants. Un 100% chenin rond, large, voluptueux mais redynamisé par une belle sapidité en finale. Et si la cuvée Le Rouge 2024 en Côte Roannaise régale aujourd’hui par son gamay Saint-Romain au fruité délié et au tannin délicatement en relief, prestant et énergique, c’est la cuvée Mayençat 2024 qui se distingue par son élégance gracile. Parcellaire situé à 500 mètres d’altitude, il offre un nez profond de fruits noirs (cerise, mûre) mêlés d’une teinte épicée et d’une pointe fumée. La bouche pleine, suave et charnue, s’avère tonique. Plein et gourmand avec un rebond final permis par une fine acidité. À encaver quelques années si possible.
Dire que Simon Rémy est courageux est en deçà de la réalité. Ce jeune homme extrêmement sympathique et souriant avoue à demi-mot travailler 90 heures par semaine, lui qui continue de travailler à EDF tout en gérant seul son domaine ! Son tout récent temps partiel devrait lui permettre de souffler un peu, quoi que. Ce perfectionniste aime les choses bien faites et prend son temps. De 0,8 hectare en 2021, il a très progressivement accru la superficie de son domaine à 2,5 hectares. Son terrain de jeu ? Les coteaux du petit village de Benais en appellation Bourgueil, où il a été accueilli à bras ouverts et conseillé par les vignerons du coin. En Bio, il produit 8000 bouteilles de belle facture ciselées par des élevages longs qui domptent les tannins du cabernet franc. Sa cuvée Au fil des coteaux 2023 (19€) distille une juste maturité de fruits rouges, guidée par une matière suave élégante. À carafer plusieurs heures. Les Vlaudons 2023 (29€) ne sont pas en reste. Très beau terroir jouxtant les Beaux Monts. Nez capiteux, enveloppant et profond. L'énergie est là, l'ensemble est délié avec un milieu de bouche intense et une finale acidulée. Tirée sur fûts, la cuvée parcellaire Les Haies 2024 (500 bouteilles seulement) issue d'une sélection massale de 1950 offre une qualité épicée très charmeuse.
Valentin Richoux et sa compagne Margaux Calland se sont rencontrés au lycée viticole. Après plusieurs expériences dans des domaines aux modes de production très différents, ils ont acquis de solides convictions. Ce qu'ils ne souhaitaient absolument pas faire, à savoir travailler de manière conventionnelle. L'évidence est apparue, leur domaine sera bio et même biodynamique. Depuis la vendange 2020, ils conduisent 7,5 hectares où s'épanouissent chardonnay, aligoté, pinot noir et gamay entre Mâcon et le sud de la Côte Chalonnaise. Leurs jus sont faciles d'accès, simples et réjouissants. Tel ce Mouton blanc 2024 (15€), séduisant chardonnay gourmand et fluide en bouche, ample et velouté. Pour leur 100% gamay sur granite (cuvée Descente Dangereuse 2024 - 16€), ils ont opté pour une semi-macération carbonique conférant à l'ensemble un accent beaujolais du meilleur effet. Fruits rouges ultra-digestes, corps énergique et fraîcheur acidulée finale. Une régalade !

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