Dix-sept hectares. Voici l’un des plus petits – en surface… – des grands crus classés de Saint-Julien : château Saint-Pierre, quatrième sur l’échelle de 1855. Un diamant des Domaines Henri Martin que l’heureux propriétaire Jean-Louis Triaud dirige en même temps que ses deux autres châteaux Gloria et Bel Air. Toutefois, si Saint-Pierre est son seul cru classé, n’imaginez pas le président des Girondins de Bordeaux lui voter ostensiblement sa préférence. « C’est comme les enfants, dit-il, on n’en n’aime pas un plus qu’un autre. » La seule distinction qu’il concède concerne le… terroir. « A travail égal, un grand terroir fait la différence », souligne-t-il. Toutefois, l’arrivée de Saint-Pierre dans la famille n’est pas passée inaperçue : « C’est le petit dernier, sourit Jean-Louis Triaud. Mais surtout, avec lui on a commencé avec un millésime mythique. » En l’occurrence, une certaine année…1982. Pour autant, si St-Pierre n’affiche pas les volumes de ces prestigieux concurrents, il ne le définit pas comme un vin d’initié. « Je préfère l’expression « cousu main » », dit-il. Et la meilleure preuve que ce vin a ses adeptes pourrait être cette anecdote savoureuse : « Il y a quelques années, j’ai trouvé six bouteilles de Saint-Pierre de mon année de naissance 1949, dans une salle des ventes à Londres, raconte Jean-Louis Triaud. Elles étaient excellentes… » Pour la petite histoire, au XVIII ème, le Baron de Saint-Pierre, qui a donné son nom à ce château, espérait que son saint patron lui ouvre les portes du paradis. La moindre des choses quand on a déjà les clefs…

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Jefferson Desport. Photo Rodolphe Escher.