Pour la dixième édition du baromètre SoWine/Dynata*, l’agence de conseil en marketing et communication dédiée à l’univers du vin et des spiritueux a fait le point sur les tendances de consommation en 2021 en évoquant les changements dus au confinement.

L’agence SoWine créée en 2006 par Marie Mascré et Sylvain Dadé a fait émerger six grandes axes dans les tendances de consommation des vins et spiritueux. Le premier et non des moindres est le renforcement du statut du vin comme boisson alcoolisée préférée des Français. Cité par un Français sur deux, il continue à être largement plébiscité devant la catégorie bière qui accuse une légère baisse (citée à 39%). Le champagne, mentionné une fois sur trois, affiche une légère progression. Quant aux spiritueux purs, ils sont cités par un consommateur sur cinq, en cocktails par plus d’un sur quatre. Le Baromètre montre également que les Français sont de plus en plus nombreux à s’intéresser au monde du vin (62%), un indicateur en hausse de douze points comparé à 2019. À cela s’ajoute la notion de connaissance du vin : aujourd’hui un consommateur sur deux se déclare amateur éclairé, une part en constante progression depuis dix ans même s’il ne s’agit que de déclaratif. Mais il est vrai que la catégorie recrute de nouveaux adeptes, la part de non-consommateurs diminuant légèrement (11%, en baisse de 5 points), tandis que celle des « grands » consommateurs (qui consomment du vin une à plusieurs fois par semaine) atteint 50% contre 36% en 2019.

Un intérêt croissant pour les cépages et le bio

Le consommateur privilégie deux critères dans son processus d’achat : la provenance du vin, la région ou le pays de production (45%), et le prix (41%). Fait notable : la notion de cépage, citée par une personne sur quatre, gagne du terrain. Elle devance même la mention de l’appellation (22%). Le baromètre confirme néanmoins que les consommateurs restent prioritairement attachés aux vignobles de Bordeaux (48%, +3 points), de Bourgogne (27%, +1) et de Champagne (27%, +6) suivis de la Provence (22%, +5) qui devance désormais le Rhône (20%) et l’Alsace (19%).

Troisième tendance notable : le bio conforte son assise et ne cesse de recruter de nouveaux adeptes. Aujourd’hui, les deux tiers des acheteurs s’y intéressent lors de l’achat (67%). Une préoccupation accrue chez les moins de 25 ans (71%) et les connaisseurs (85%). Mais globalement, les Français restent, à 41%, des acheteurs occasionnels de vin bio (quelques fois par an), même si la part des acheteurs réguliers (23%) et des grands acheteurs (15%) progresse, gagnant respectivement +9 et +5 points depuis 2019. La part des Français qui n’achètent jamais de vin bio a baissé à 21% (-13 points). Par ailleurs, 57% des acheteurs se disent prêts à payer plus cher un vin certifié bio (+10 points par rapport à 2019), ce qui ne se traduit pas encore forcément dans les faits.

Le boom du net

Crise Covid aidant, les achats de vins sur Internet en 2020 ont connu un véritable boom : la part d’acheteurs en ligne est passée de 31% en 2019 à 46% en 2020. Qui plus est, 69% des acheteurs en ligne accordent un budget supérieur à leurs achats en ligne, plus de 10€ par bouteille. Les consommateurs ont de plus en plus recours à des sources d’informations numériques pour leur acte d’achat en passant prioritairement par les sites web (38%) et les réseaux sociaux (37%). Par ailleurs, 28% des Français connectés suivent des influenceurs vins et spiritueux, plus d’un sur deux accorde une importance à leurs conseils et la moitié des grands acheteurs de vin (une à plusieurs fois par semaine) déclarent avoir déjà acheté un vin qui leur avait été recommandé sur les réseaux sociaux. Si pour les trois-quarts des Français, la crise sanitaire n’a pas été synonyme d’une augmentation de leur consommation de vin et encore moins de bières et de spiritueux. Les acheteurs en ligne n’étaient pas les acheteurs habituels et les nouveaux entrants sur le marché déclarent avoir été plutôt motivés par la découverte de nouvelles références, pour leur consommation courante mais aussi pour soutenir les producteurs.

Spis et no-lows en hausse

Côtè spis, on constate un intérêt croissant, en hausse de 11 points à 48%. La part de consommateurs se décrivant comme amateurs éclairés ou connaisseurs est de 43% en moyenne (+5) et même de 45 (+8) chez les 18-25 ans. C’est la mixologie qui porte la tendance : 40% déclarent s’y intéresser (33% en 2019), jusqu’à 53% chez les 18-25 ans (+14 points). La catégorie rhum est plébiscitée à 82% en fréquence de consommation, suivie par le whisky (à 75%), les liqueurs (71%) en forte hausse, la vodka stable et le cognac qui progresse. L’intérêt est d’autant plus marqué pour les spiritueux français, en particulier le calvados (à 56%) et l’armagnac (à 52%), assorti d’une valorisation : les consommateurs allouant un budget entre 11€ et 20€ pour l’achat d’un spiritueux restent majoritaires (49%) mais en baisse de 4 points tandis que ceux avec un budget de 21 à 50€ (41%) progressent du même pourcentage.

Le baromètre a également mis en avant un intérêt marqué pour le no-low, les vins et spiritueux sans alcool ou à faible taux d’alcool. Plus d’un quart des Français (27%) déclarent en consommer, 40% chez les 18-25 ans. Parmi les principales motivations citées, le fait de faire attention à sa santé, la volonté de réduire sa consommation d’alcool, le goût et la faible teneur en calories.

*Étude menée en décembre 2020 sur un échantillon de 1005 Français âgés entre 18 et 65 ans.