Meursault cette nuit ©C. L'hôte
Meursault cette nuit ©C. L'hôte

Les blancs de Chablis, de la Côte de Beaune et du Mâconnais ont été protégés par des bougies, des tours anti-gel et des systèmes d’aspersion dans la nuit de dimanche à lundi.

La scène se répète désormais chaque printemps, mais reste fascinante. Des hectares de vignes se sont illuminés en Bourgogne dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 avril 2022. Un paysage de feu obtenu grâce à des bougies de paraffine, allumées afin de réchauffer l’atmosphère et protéger les bourgeons de chardonnay du gel. Les pinots noirs, moins avancés, n’avaient pas besoin de protection.

Probablement moins de dégâts qu’en avril 2021

Les températures sont descendues en-dessous de zéro dans toute la Bourgogne viticole : jusqu’à -3° en Côte de Beaune au petit matin, -5° dans le Chablisien. Contrairement à la nuit précédente, les vignerons se devaient de réagir. Plus précisément ceux propriétaires des parcelles les plus prestigieuses. À plus de 4000€ l’hectare par jour de lutte, le système de protection par bougies n’est réservé qu’aux vins de renom. Ainsi, le Montrachet, Meursault, Chablis et Fuissé ont vécu la nuit au rythme des chalumeaux. D’autres moyens de lutte, comme les éoliennes et l’aspersion, ont été déployés.

S’il est impossible d’estimer les dégâts à l’heure actuelle, on pressent déjà qu’ils seront inférieurs à ceux d’avril 2021. Les températures sont tombées moins bas et le stade végétatif de la vigne est un brin moins avancé que l’an passé. Sans oublier la prudence des viticulteurs, plus nombreux cette année à expérimenter des techniques de taille tardive, afin de retarder l’éclosion des bourgeons. Mais la saison ne fait que commencer, et le risque demeure jusqu’à mi-mai.