La maison beaunoise, qui a conclu l’année dernière un partenariat avec les Hospices de Belleville pour vinifier leurs crus du Beaujolais, lance ses trois premiers crus.

« Encore un Bourguignon qui s’installe en Beaujolais! », pourrait-on penser au regard de la vague d’acquisitions des dernières années. « Drouhin s’investit et non investit dans le Beaujolais », insiste justement Frédéric Drouhin (photo ci-dessous), président du directoire de la maison éponyme, en revenant sur le partenariat conclu l’année dernière avec les Hospices de Belleville pour vinifier leurs vins en Fleurie, Brouilly et Morgon. Et de rappeler que « nous sommes en Grande Bourgogne avec des cépages en commun et que nous nous sommes intéressés depuis longtemps aux terroirs du Beaujolais. Du temps de mon grand-père Maurice, on vendait du Moulin-à-Vent à 28 francs ».

L’histoire de Maurice Drouhin a facilité le rapprochement : il a longtemps été administrateur bénévole, après la guerre, des Hospices de Beaune puis des Hospices civils de l’Est de la France, dont Belleville. Les étiquettes des bouteilles de ce premier millésime 2014 rappellent d’ailleurs les arabesques des vases d’onguents des apothicaires.

Changement radical de vinification

La maison Joesph Drouhin entend redonner une dynamique au vignoble, un total de 14 ha (sur 5 climats dont 3 en Fleurie), les Hospices en restant exploitants. La maison bourguignonne a replanté des vignes, acheté un égrappoir, changé le style de la vinification (auparavant confiée à la maison Béjot), maintenant en vendanges entières, avec un assemblage de vins élevés en fûts et en cuves inox. « Il ne s’agit pas ici d’acheter des vins et d’en finir l’élevage mais de maîtriser toute l’élaboration », précise Frédéric Drouhin. Et de conclure sans ambages : « L’avenir du Beaujolais ne peut désormais passer que par les crus ».

Commentaires de dégustation.

Fleurie 2014 : Des arômes de fleurs (violette, iris) et de petits fruits rouges sur une note poivrée, des tanins plaisants et une finale tout en fraîcheur. Avec des lasagnes ou un plateau de charcuteries.

Brouilly 2014 : Un gamay plus charnu mais discret sur des fruits rouges et une note légèrement poivrée. Avec un coq au vin ou une bavette a l’échalote.

Morgon 2014 : Un vin à fort tempérament, typique de l’appellation. Des fruits rouges bien mûrs complétés d’épices et réglisse sur des tanins affirmés. Avec une entrecôte grillée ou un civet de chevreuil.