L’étude prospective menée par Sopexa auprès des professionnels du vin dans le monde tend à démontrer qu’ils vendent toujours des vins français et de plus en plus bios mais aussi de plus en plus challengés notamment par les Italiens. Sur tous les marchés, l’offre numérique ne cesse de se développer.

Les gens du vin dans le monde semblent avoir retrouvé un bel optimisme. Ce sentiment ressort indéniablement de l’étude de prospective menée par Sopexa auprès d’un milliers de distributeurs et fournisseurs (importateurs, grossistes, agents) dans 8 pays (Allemagne, Belgique, Canada, Chine, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni et Etats-Unis).  Ces professionnels ont livré leur pronostic sur l’évolution des tendances de consommation pour les deux ans à venir. Les vins de France, d’Italie et d’Espagne restent les principaux référencés et les premiers restent les plus demandés « de par la largeur de leurs gammes, la diversité de leur styles, des couleurs, la disponibilité des volumes, la forte notoriété des produits référents et le dynamisme des opérateurs » précise François Collache, directeur Vins &Spiritueux de Sopexa. Ce trio de tête semble indétrônable, seule la pole position peut varier selon les pays. Suivent l’Allemagne, le Portugal, le Chili, les Etats-Unis, l’Argentine, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle Zélande…

L’étude met également en avant la mutation des opérateurs qui pour près des trois quarts ont désormais recours aux ventes en ligne, en particulier les Anglo-saxons, ce qui a conduit à une restructuration commerciale avec un suivi constant du marketing et des réseaux sociaux et augmente la visibilité des vins en particulier via les médailles et récompenses aux concours. « Spontanément le consommateur se dirige vers des marques connues mais cela nous permet de proposer des offres panachées pour faire découvrir d’autres vins » explique Hal Wilson de Cambridge Wine Merchants. Cette prime aux valeurs sûres profite toujours à la France qui bénéficie de la meilleure perception, particulièrement en Asie, loin devant l’Italie qui profite aussi de son image de dolce vota dans certains pays comme l’Allemagne.

Des vins français performants pour l’environnement

Les vins français sont également perçus comme performants en matière de bio et d’environnement. Seuls bémols selon les opérateurs , « leur manque de capacité à suivre les jeunes et à innover afin de rester tendance, modernes et désirables » selon Laure Azema de Sopexa. Depuis deux ans, les vins bio semblent avoir pris le pas en termes de demande devant les dénominations géographiques et les rosés qui confirment leur attractivité. Les vins bios arrivent même en tête sur tous les marchés, excepté la Chine, les vins nature étant plébiscités au Japon. On constate également l’apparition des tendances pour les vins oranges et les pétillants naturels. La demande de bouchons à vis suivant celle de la consommation nomade tend également à se développer rappelant l’essor des BiB après des débuts difficiles. « Nous sommes passés en cinq ans de 1100 caisses à 11 000 de canettes de vin bio grâce a son attrait pour l’environnement, car elle est plus recyclable, plus pratique avec une empreinte carbone plus faible » estime Ami Opisso de Bridge Lane Wine à New York, premier opérateur du segment.

Les rosés de Provence toujours tendance Côté couleur, les blancs les plus attendus sont en Languedoc, Loire et. Bourgogne devant Veneto, Marlborough, Alsace et Bordeaux. « Le succès des Bourgogne en Asie n’est pas démenti, le Languedoc est toujours très attendu en Europe, la Loire sur le continent américain et les vins allemands règnent toujours en maître en Allemagne mais les efforts du  Portugal aux États Unis avec le vinho verde et de l’Espagne aux Pays-Bas avec le rueda semblent porter leurs fruits » commente François Collache. En rouge, caracolent en tête Bordeaux, Languedoc et Côtes-du-rhône devant Puglia, Bourgogne, Rioja, Toscane et Douro. « L’Asie reste très attachée à la Bourgogne, la Chine au Chili et à Bordeaux également toujours attendu aux USA tandis que le Benelux s’intéresse davantage au Languedoc. Mendoza confirme son succès sur le continent américain grâce au malbec tandis que les Pays-Bas tendent à devenir une terre italienne« . En Rosés, la Provence conserve son leadership, le Languedoc s’imposant comme la principale alternative devant les rosés italiens qui confirment leur percée. En effervescents, champagnes, proseccos, cavas et crémants sont quasiment à égalité des attentes avec des leaders différents selon les marchés. En matière de cépages, les préférences vont au chardonnay, au cabernet sauvignon, au pinot noir, au sauvignon blanc, puis au merlot et au grenache. « Le  pinot noir, très attendu au Japon et aux Etats-Unis, pourrait être sujet à spéculation au vu des faibles volumes disponibles, précise François Collache. En Allemagne, marché atypique « où un vin sur deux acheté est allemand, les rieslings sont les plus recherchés devant le grauer burgender pour son côté léger et fruité à prix accessible, explique Mélanie Rouchy de Sopexa Allemagne. Mais le primitivo italien qui incarne la dolce vita remporte aussi un franc succès« .