Parce que même en 2018, le Beaujolais est encore parfois associé à des qualificatifs réducteurs et peu glorieux, ou à un vague appendice bourguignon dont on veut bien entendre qu’il ait quelques mérites mais sans trop savoir lesquels, un petit précis de la région s’impose, à quelques jours de Lyon Tasting, afin d’y voir plus clair en goûtant les vins du Beaujolais et d’en apprécier toutes les immenses qualités.

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Oui, il n’est pas incorrect de dire que le Beaujolais fait partie de la Bourgogne viticole. Mais oui, cela est aussi trompeur et peu adapté aux réalités du terroir beaujolais, bien différent des bourguignons. Une partie des crus du Beaujolais se situe certes en Bourgogne (administrativement parlant, avec les crus les plus au nord sis sur le département de Saône-et-Loire et non plus du Rhône, contrairement aux autres). Et si l’on veut poursuivre la comparaison, la finesse des vins produits en Beaujolais s’apparente à celle de ses cousins voisins. Par ailleurs, certains Beaujolais blancs, produit à partir de chardonnay sur des sols argilo-calcaires, forment des vins délicieux.

Au-delà de ces points communs, plus ou moins factuels, les différences sont bien présentes.

Par le cépage d’abord : le gamay, qui fut délogé de Bourgogne par un édit du 31 juillet 1395 de Philippe le Hardi, le jugeant trop productif, voire nuisible à la santé humaine. Ce qui n’est pas faux : ce cépage fougueux et indiscipliné a besoin de cadre, voire de rigueur, et les sols riches lui font révéler le pire de lui-même, alors que les sols pauvres comme le granit composant la majorité des terroirs beaujolais, l’obligent à se concentrer et à s’affiner, pour livrer ce qu’il a de meilleur (finesse, belle acidité lorsqu’elle est maîtrisée, arômes de fruits rouges gourmands mais pas seulement : les épices et les arômes floraux donnent une complexité aromatique certaine). Maturité précoce et arômes enjôleurs, tanins fins, voire, dans certains cas, la garantie d’un rendement satisfaisant : le candidat gamay arrive parmi les premiers cépages du monde pour produire également de jolis vins primeurs, autrement dit du Beaujolais Nouveau.

Mais pas seulement du Nouveau : les dix crus, et les appellations Beaujolais et Beaujolais-Villages, produisent des vins complexes, fins mais non dénués de puissance, et indubitablement de garde.

Saint-Amour, la séductrice
Le plus au nord d’entre eux, Saint-Amour, crée par un décret du 8 février 1946, doit beaucoup de sa renommée à son nom, qui ne lui vient pas d’un partenariat douteux avec Valentin, mais d’un soldat romain converti au christianisme, fuyant les massacres du Valais Suisse et ayant trouvé refuge en Gaule. La vigne s’installera au moyen-âge, concomitamment à la présence des ordres religieux. Schiste et granit s’allient pour produire schématiquement deux types de vin : les uns plutôts légers et gourmands aux arômes de violette, d’iris et de framboise, et les autres davantage tournés vers le kirsch et les épices, portés par une structure plus puissante.
Victime de son nom, l’appellation vend environ un quart de sa production annuelle à l’occasion de la Saint-Valentin…
Le Saint-Amour à découvrir à Lyon Tasting : le Domaine de la Pirolette

Brouilly et Côte-de-Brouilly : les volcaniques
Selon Jancis Robinson , l’appellation Brouilly produit l’un des vin les plus robustes et texturés du Beaujolais.
C’est également le cru le plus vaste, et le plus méridional : environ 1300 ha s’étirent sur les flancs volcaniques du mont brouilly, produisant plus de 8 millions de bouteilles annuelles.
A l’instar des autres crus, la diversité géologique de Brouilly est importante : des sols granitiques à l’ouest, des roches compactes dures au centre, et des sols parfois recouverts d’alluvions à l’est du mont Brouilly, ancien sommet volcanique de la région.
Le gamay délivre ici ses arômes de fruits rouges mais aussi de prune, avec une touche florale souvent proche de la pivoine.
L’appellation Côte-de-Brouilly, séparée de sa jumelle par un décret de 1938, se situe sur les flancs du Mont Brouilly, culminant à 484 mètres et dominé par la Chapelle Notre-Dame aux Raisins, construite en 1854 afin que la Vierge Marie protège les vignes contre l’oïdium.
Les sols sont encore plus marqués ici par le passé volcanique du Mont : granits sur la partie basse des versants orientés vers l’ouest et le nord-est, schistes, roches d’origine volcaniques appelées « cornes-vertes » ou « pierres-bleues », caractéristiques de l’appellation. Les vins en retirent un caractère original, corsé et élégant, et sont traditionnellement plus charpentés que les Brouilly, mais partageant les arômes de fruits rouges, voire de fruits noirs sur les millésimes solaires, ainsi que les notes minérales et florales, ainsi que fumées et salines, propres à l’appellation.
Les Côte-de-Brouilly se révèlent particulièrement aptes à la garde, gagnant en rondeur et souplesse avec le temps.
Les domaines de Brouilly à découvrir à Lyon Tasting : le Château des Ravatys, le Château de Pierreux, le Château de la Chaize, le Domaine Amaury et le Château de Bluizard
Le domaine de Brouilly à découvrir à Lyon Tasting : le Domaine du Père Jean

Morgon : la star
Les vins issus de l’appellation Morgon sont déjà réputés, connus pour présenter une belle densité et une aptitude certaine à la garde. Ses arômes typiques de kirsch et de noyau de cerise en sont sa signature, et l’appellation a même engendré un verbe : lorsqu’un vin est doté de ses caractéristiques si particulières, dont la complexité et la typicité aromatique sont dues à la présence dans les sols de manganèse, leur conférant une teinte ocre, on dit d’eux qu’ils « morgonnent ».
Les épices ne sont pas en reste, fidèles aux arômes variétaux du gamay.
Morgon est le deuxième cru le plus vaste, avec ses 1100 hectares situés autour du village de Villié-Morgon, dont le climat le plus célèbre est la Côte du Py, au sommet de laquelle un arbre solitaire veille sur les vignes en contrebas, plantées sur des sols composés de pierres bleues.
Le domaine à découvrir à Lyon Tasting : le Domaine Piron

Fleurie : la divine diva
Son nom n’est en rien une publicité mensongère : le bouquet de ses vins s’exhalent sur la pivoine, la rose, l’iris et parfois la violette, plus encore que dans les autres crus.
Mais le teaser est trompeur : l’origine de son nom ne provient pas de ses caractéristiques olfactives, mais, selon la légende, d’un légionnaire romain, nommé Florus, qui aurait élu domicile sur l’une des collines. L’histoire n’en dit pas plus, et n’a pas laissé de traces de la présence d’un éventuel légionnaire qui aurait fleuré bon le sable chaud, mais qu’importe, alea jacta est.
Répartie sur 800 hectares, Fleurie est le cru le plus homogène en termes de terroir, composée à 90% de granit rose, qui peuvent donner des vins d’une étonnante concentration, et toujours d’une grande élégance.
Dominée par la chapelle de la Madone, elle est frontalière au nord avec Moulin-à-Vent, au sud par Morgon et à l’ouest par Chiroubles.
Le domaine à découvrir à Lyon Tasting : le Domaine des Nugues

Moulin-à-Vent : les ailes du plaisir
S’étendant sur 640 hectares, de Chénas à Romanèche-Thorins (inutile de chercher un village éponyme, il n’y en a pas…), Moulin-à-Vent fait partie des crus réputés, dont on attend concentration, puissance et finesse.
Cette renommée ne date pas d’hier, puisqu’au 19è siècle, le Moulin-à-Vent se vendait plus cher que le Gevrey Chambertin (et demeure parfois l’un des plus onéreux du Beaujolais).
Composée d’une mosaïque de sols, le granit y reste majoritaire, et son emblématique moulin se situe au cœur de l’appellation.
Si ses qualités ne trahissent pas sa réputation, le Moulin-à-Vent ne se distingue pas seulement par ses aptitudes à la garde, mais par ses notes de roses fanées, d’iris, de sous-bois et de truffes qui s’expriment alors qu’il veillit.
Le domaine à découvrir à Lyon Tasting : le Domaine Labruyère

La générique : l’appellation Beaujolais
L’aire d’appellation se situe principalement au sud de Villefranche-sur-Saône, mais également le long de la Saône, cette appellation régionale peut être suivi du nom de la commune de provenance, mais également de la mention « Nouveau », bientôt d’actualités.
Le gamay peut jouer plusieurs rôles en fonction des différents sols qui le nourrissent, et être notamment vinifié en rosé, mais également en blanc, donnant naissance à des très beaux vins issus du chardonnay, essentiellement sur des sols argilo-calcaires.
Gourmandise, légèreté et fruité caractérisent les vins rouges produits sur cette appellation, tandis que les blancs se révèlent sur des notes de fruits blancs et jaunes, florales et minérales, et dotés d’une belle tension.
Les producteurs et négociants à découvrir à Lyon Tasting : la Maison Duboeuf, le Château du Chatelard, le Château de Pizay et la maison Jean Loron

Informations pratiques
Lyon Tasting
Palais de la Bourse de Lyon (69002)

Samedi 10 novembre de 10h à 18h30
Dimanche 11 novembre de 10h à 18h

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