(photos Michaël Boudot)
(photos Michaël Boudot)

Lyon Tasting accueille cette année un Café des Lumières, espace de discussion où des acteurs du vin (vignerons, sommeliers) présentent leur expérience et leur vision du vin. Cette première séance recevait Pierre Gattaz, venu raconter son « rêve de néo-vigneron ».

Les participants à ce premier Café des Lumières ne s’attendaient certainement pas à découvrir un tel Pierre Gattaz. L’ancien président du Medef (2013 – 2018), devenu vigneron avec l’acquisition du château de Sannes (Luberon) en 2018, se présente aujourd’hui comme un vigneron amoureux du terroir français : « On a un patrimoine de fous sous nos pieds et de formidables métiers qui y sont associés. » Le Château de Sannes, c’est « un coup de bol, une annonce trouvée dans un magazine » alors qu’il recherche un projet viticole dans la Provence de son enfance. 32 hectares, trois couleurs (seuls deux rosés et un blanc sont disponibles aujourd’hui à la vente, en attendant une cuvée rouge) et un double objectif : « Faire des grands vins et apporter du bien-être… mais sur le temps long ! » Cela passe d’abord par une ferme conviction pour le bio (le château de Sannes est actuellement en conversion), voire pour la biodynamie : « Je n’exclus pas la biodynamie, mais en triant un peu car Il y a des choses que je ne comprends pas ».
Pourtant, derrière le néo-vigneron, subsistent les réflexes de l’ancien « patron des patrons » – par ailleurs président de l’entreprise Radiall (composants électroniques) fondée par son père : « En France, on devrait être champions de tout ! L’exemple suisse est intéressant, avec ses 70 % de jeunes en apprentissage et un chômage à 3 % malgré un coût du travail très cher. En France, on a que 20 % de jeunes en apprentissage. Si seulement je pouvais avoir plus de jeunes en apprentissage à Sannes !! »
Ce qui n’empêche pas Pierre Gattaz de multiplier les projets : développer l’innovation et l’œnotourisme d’entreprise (le château de Sannes abrite 15 chambres), finaliser le nouveau chai en travaux depuis 18 mois (1000 m², une trentaine de cuves et un magasin) et même… un parfum : « Songe de Sannes » inspiré du terroir.
Nous voilà rassurés : il a beau ne jurer que par « les bonnes ondes » de son vignoble, l’esprit entrepreneur n’a pas abandonné Pierre Gattaz.