Voilà que la plus petite appellation du vignoble bordelais (0,7%, environ 800 hectares) bravait les intempéries pour se laisser découvrir hier soir, jeudi 8 février, à l’Intercontinental Paris Legrand. Et sa cote d’amour ne s’est pas démentie !

Paris enneigé, mais Paris charmé par une dégustation de 24 châteaux aux flacons choisis, chacun présentant le millésime 2015, puis un millésime de son choix. Plus de 500 amateurs, de toutes nationalités, se sont pressés pour cette occasion unique alliant plaisir de la dégustation de vins rares aux échanges avec les propriétaires tout sourire pour expliquer leurs objectifs vignerons, depuis la vigne jusqu’à la cave.

« C’est notre rôle de garder le contact avec le marché français. Même si notre appellation a une bonne notoriété et pas de souci de vente, les amateurs, c’est très important » souligne Jean-Marie Garde, président de Pomerol, retenu pour sa part sur ses terres, mais qui le matin-même avait tenu à accompagner plusieurs de ses confrères en gare de Bordeaux pour rejoindre la capitale. « De même, de plus en plus de châteaux ouvrent leurs portes, comme Château du Tailhas. Nos propriétés recèlent de vignes jardin, certaines labourées au cheval comme au Clos Saint André ou Château La Fleur de Plince, nous plantons et entretenons les haies. Depuis 2008, il n’y a plus de désherbage total, le bio progresse… » soulignait-il encore : un soin que les dégustateurs parisiens ont pu ressentir tant dans les vins que dans les conversations enthousiastes des vignerons.

Un 2015 en majesté

« 2015, c’est l’année qu’on voudrait faire tous les ans ! » Une appréciation partagée, et une réalité gourmande qui s’est vérifiée hier soir : maturité, rondeur et équilibre sont autant de caractères partagés donnant dès aujourd’hui un grand plaisir aux palais conquis des Parisiens, mais promettant aussi une belle garde.

Potentiel démontré par les millésimes plus anciens, sortis des réserves des châteaux pour l’occasion. De 2008 à 2014, les vins étaient parfaits, certains évoquant les épices avec profondeur et densité comme Château Gazin 2008, ou légèrement la truffe blanche dans une structure aérienne et veloutée comme Château La Fleur Pétrus 2009, deux exemples parmi une panoplie de haut niveau, partagée avec générosité et enthousiasme. Parfait Pomerol !

Photos JC Gutner