Un nouveau cuvier de 1600 mètres carrés va être construit au château Beychevelle, 4ème Grand Cru Classé 1855 (Saint-Julien). S’il ne passera pas inaperçu, il amènera surtout de la précision dans l’élaboration des vins.

Alors que Talbot est sur le point de sortir d’une importante phase de travaux de plusieurs années, un autre grand nom du Médoc s’apprête, à son tour, à se lancer dans pareille aventure. Il s’agit de Beychevelle, 4ème grand cru classé en 1855 à Saint-Julien. Ceux qui passeront devant le château, durant cette semaine des primeurs, pourront difficilement ignorer le chantier qui s’annonce dans la mesure où, une fois n’est pas coutume, avant de bâtir, il a fallu démolir. En l’occurrence, les bâtiments qui, il y a encore peu, abritaient le pôle accueil des visiteurs.

A la place, un nouveau cuvier va voir le jour. Une installation qui, ancrée en bord de route, ne passera pas inaperçue. Et ce d’autant plus que les propriétaires – Castel et Suntory – ont opté pour un parti pris résolument contrastant avec les façades XVIIIème du château. Pas de pierres blondes, ni d’épais murs. Mais de grandes baies vitrées laissant passer la lumière et une structure alliant principalement le métal et le bois. Le tout sur une surface de 1600 mètres carrés.

Un écrin de transparence donc, qui surtout abritera une soixantaine de cuves à double parois et dont la plupart seront de forme tronconique. Leur remplissage fonctionnant comme, c’est désormais la norme dans les grands crus, par gravité. « On rentrera les raisins par le dessus des cuves, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, précise Philippe Blanc, le directeur. L’idée, c’est d’être plus doux avec le raisin ». Cerise sur le gâteau, sous ce cuvier, qui amènera donc de la précision, sera aussi construit un chai de vieillissement de 1600 mètres carrés également. Les premiers travaux d’excavation devraient commencer début avril.

Côté budget, en revanche, silence radio. « Il est très conséquent mais aussi très raisonnable en regard de certaines réalisations qui ont pu se faire ailleurs dans le vignoble, explique Philippe Blanc. L’objectif des propriétaires est de faire un bel outil de travail, car ce n’est pas en faisant un chai en plaqué or qu’on va donner du lustre à Beychevelle. Beychevelle se suffit à lui même. »

Livraison prévue pour la vendange 2016. Avec dans l’intervalle, l’obligation de réaliser le millésime 2015 au milieu de ces travaux. « Un exercice d’équilibriste », glisse Philippe Blanc.

JD
Photo Millésima