(Photos P. Gonnet)
(Photos P. Gonnet)

Le beaujolais est le sujet d’inquiétude le plus urgent pour les viticulteurs français en cas de sanctions américaines, selon le message qu’ils ont fait passer vendredi au gouvernement à l’occasion d’une réunion à Bercy de l’ensemble des filières visées.

Des représentants des filières aéronautique, viticole, laitière, agroalimentaire, ainsi que du syndicat agricole FNSEA, du Medef et de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) ont rencontré en début d’après-midi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne.

L’objectif était de présenter aux différentes filières “l’état actuel du dossier et surtout de les entendre pour partager une analyse économique de l’impact pour chacune d’entre elles et la réaction de leurs clients importateurs”, a expliqué à l’AFP M. Lemoyne.

La viticulture est apparue, selon lui, comme le secteur le plus inquiet et les ventes à venir de beaujolais sont le sujet numéro un pour cette filière.

Représentée par la FNSEA et la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de Francela (FEVS), la filière a ainsi indiqué avoir “de grandes inquiétudes sur le beaujolais avant tout, car la grande semaine de vente du beaujolais, c’est aux alentours de la mi-novembre et les États-Unis sont un marché de 150.000 caisses”, a rapporté à l’AFP Arnold Puech D’Alissac, membre du bureau de la FNSEA en charge des affaires européennes et internationales.

Les acheteurs “ont été un peu plus prudents” de peur de se voir imposer des droits de douanes entre le moment de leur commande et la livraison, a-t-il ajouté.

L’éventuelle imposition de ces droits de douane de 25% à partir du 18 octobre va notamment affecter la compétitivité des vins français de moyenne gamme par rapport à leurs concurrents italiens, pas touchés par les sanctions.

“L’Italie est notre principal concurrent aux États-Unis car c’est le premier exportateur, ils sont déjà très présents”, s’est ainsi inquiété M. Puech D’Alissac. Face à ce problème, “les ministres n’avaient pas beaucoup de réponses”, a-t-il regretté.

“Il s’agit d’un premier échange de vues”, selon M. Lemoyne, qui a dit avoir présenté la stratégie européenne consistant à “travailler sur la désescalade” en trouvant “un cadre sur la réglementation des subventions industrielles à l’aéronautique”, même si une réponse ferme aura lieu en cas d’imposition des sanctions.

“L’idée, c’est d’éviter les tarifs, pas de discuter de la liste” de produits taxés avec les Américains, a-t-il ajouté.