Du côté de Cognac et plus largement sur l’ensemble du territoire de l’appellation du même nom, on entame la dernière décade des vendanges, celles-ci débutées il y a trois bonnes semaines désormais. Et les dernières journées ensoleillées sont de bon augure.

Chez Frapin, en Grande Champagne, où l’intégralité de la récolte est mise en bouteilles au domaine, on a l’habitude d’aller chercher la maturité d’où des vendanges relativement tardives en rapport à la date moyenne. Et, au-delà du fait que ce soit agréable de vendanger sous un grand soleil, les conditions météorologiques de ces derniers jours ont été très favorables pour les raisins. « On va terminer cette fin de semaine, il fait beau le jour et froid la nuit, c’est idéal, pour ceux qui ont choisi d’attendre, je pense que c’est heureux, mais il fallait surveiller l’état sanitaire, toutefois, on a gagné en maturité si on avait conservé du feuillage car le mildiou a été présent », explique Patrice Piveteau, directeur général et maître de chai de la maison Frapin. Au final, du côté de Segonzac, si l’année fut compliquée, la qualité semble au rendez-vous. « C’est à la sortie de la chaudière qu’on pourra vraiment le dire mais je suis ravi, il y a du degré, synonyme d’eaux-de-vie fruitées, et cette année, il y a aussi de très belles acidités donc on a l’assurance d’une bonne conservation des vins », ajoute Patrice Piveteau. Ainsi, sur le papier, ça semble qualitatif et on se dirige peut-être vers un semblant de millésime 1991 où, malgré le gel, il en ressort des eaux-de-vie d’une grande qualité.

En second cru Petite Champagne, du côté de Jarnac-Champagne, on s’estime aussi plutôt heureux car, à la mi-juillet, beaucoup ne s’imaginaient pas des vendanges de la sorte. « Cet été, il y avait des raisons d’être inquiet, on termine ce mercredi la récolte, contrairement à ce que j’ai pu entendre, j’ai eu très peu de pourriture, toutefois je m’attendais à davantage d’alcool pur, je n’avais vu en 21 millésimes des degrés aussi bas, je suis à 8,5, mais cette acidité va donner des eaux-de-vie excellentes, les vins sont très frais », souligne Laurent Vallet, le propriétaire du Château de Montifaud et de sa centaine d’hectares. En se dirigeant davantage vers l’estuaire et le vignoble bordelais, là-aussi, on a attendu au maximum avant de rentrer les ugni-blancs. Les volumes sont faibles, autour de 110 hectolitres par hectare, mais la qualité est correcte. « C’est la bonne surprise car tout fut compliqué, on a commencé par la folle blanche, nous l’avons prise sur le fil du rasoir, après nous avons ramassé les sauvignons et les sémillons pour les pineaux et désormais nous attaquons les ugni-blancs, le soleil limite les dégâts, c’est sain, joli mais ce sera une petite récolte selon la moyenne annoncée par la station viticole », explique Christian Thomas, l’heureux propriétaire du Château de Beaulon lové à Saint-Dizant-du-Gua.