Photo: Fabrice Ferrer
Photo: Fabrice Ferrer

Cette année au moins, les vendanges n’auront pas été précoces et ont permis de renouer avec un calendrier d’antan. La plupart ont eu lieu entre le 20 et le 30 septembre, augurant d’un millésime qui n’a pas sacrifié la qualité, au détriment de la quantité. Bilan du millésime avec Daniel Bulliat, président d’Inter Beaujolais.

Une année de défis

Le climat de l’année a généré quelques casse-têtes et beaucoup de travail pour beaucoup de vignerons beaujolais. Le printemps pluvieux (200 mm de pluie en plus que la moyenne) a entraîné un travail à la vigne plus important.

« Nous avons dû traiter plus souvent, et avons eu plus de travail pour gérer l’enherbement. Cela a représenté un tiers de travail en plus que les années précédentes, c’était pas l’année où partir en vacances… ! », souligne Daniel Bulliat.

Sans compter les attaques de gel et de grêle : « les épisodes de gel se répètent. 2017, 2019, 2021… Les zones tardives sont moins pénalisées, cette année par exemple ce sont les mi-coteaux qui ont le mieux résisté. Et on en revient à ce dicton des anciens : « taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars ». Les mois de février étant incroyablement doux, si on taille trop tôt, le gel mord de façon impitoyable ».

Aux aléas de Mère Nature se sont également ajoutés les problèmes de main-d’œuvre et des équipes de vendanges compliquées à constituer : entre les calendriers étudiants qui n’ont pas collé avec celui des vendanges, et l’impact de la pandémie qui semble ne pas avoir précipité les volontaires dans les vignes, encore moins que d’habitude, le défi était de taille. « Nous on aime bien vendanger en famille, nous avons également une équipe polonaise en renfort, mais il y a un vrai manque de main d’œuvre. Ce n’est pas nouveau, mais cette année c’était encore plus marqué », confirme Daniel.

Une qualité beaujolaise et des stocks tendus

La récolte extrêmement hétérogène permet difficilement de dresser un portrait normé des impacts de la météo sur le millésime. En revanche, sa relative fraîcheur, sauvée par une belle dernière ligne droite estivale, permet de revenir à des caractéristiques beaujolaises : « cuvées sur le fruit, souples, comparables aux millésimes de 2004 et 2008. On aura un peu moins de garde sur 2021 que les années précédentes, mais le plaisir sera définitivement au rendez-vous, et certaines appellations bénéficient pleinement de ce millésime moins solaire. Les Côte-de-Brouilly ne sont pas confits comme l’année dernière, cette année elles sont top », rassure Daniel.

Le point de tension concerne les stocks : « ce qui est difficile cette année, ce sont les faibles quantités, historiquement faibles (entre 400 et 500 hectos). Or nous sommes aussi dans une belle dynamique commerciale, c’est la plus haute année de commercialisation depuis 5 ans ! Nous avons donc un travail de gestion de nos exploitations et de nos stocks à fournir », prévient Daniel.

Encore un challenge de plus, ce qui n’effraie pas Daniel, bien au contraire. Et les primeurs seront au rendez-vous le jeudi 18 novembre, sur un millésime qui leur convient bien.