(photo : Frédérique Hermine)
(photo : Frédérique Hermine)

Coupe, flûte, pomponne ou verre à vin, il faut d’abord savoir choisir le contenant pour fêter comme il se doit la nouvelle année.

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’effervescence ! Il ne faut donc pas se tromper de contenant et choisir ses verres avec attention. Il y a déjà quelques lustres que l’on boude, à raison, la coupe de champagne, faisant fi des jolies légendes qui se sont penchées sur son berceau. Elle n’a hélas pas été moulée sur le sein de Marie-Antoinette, pas plus sur celui de Madame de Pompadour ou de Ninon de Lenclos. Purs fantasmes permettant d’associer goût du luxe, décadence et femmes de pouvoir.

Elle est sans doute apparue au XVIIe siècle, par métamorphoses successives du verre à bière. La surface du liquide en contact avec l’air permet d’admirer davantage les bulles… et c’est là que le bat blesse. Une trop large ouverture fait disparaître rapidement l’effervescence et les arômes n’ont pas le temps de prendre l’ascenseur à bulles. Outre le fait que le champagne se réchauffe plus vite dans la coupe. Celle-ci, largement utilisée jusque dans les années 30, a donc été progressivement remplacée par les flûtes plus élégantes et qui, par une meilleure dissolution du CO2, diffusent plus délicatement les bulles et donc les arômes. On peut y admirer les colliers de perles qui remontent en joyeux tourbillons, surtout si vous avez pensé à mal laver les verres.

Car l’ennemi de la bulle, c’est la propreté. Prohibez lave-vaisselle et produit-vaisselle, véritables empêcheurs de buller en rond ; il est préférable de nettoyer les flûtes simplement à l’eau chaude et de les essuyer avec un torchon en coton susceptible de laisser quelques micro-fibres génératrices de l’effervescence. Certains verriers marquent même d’un point laser le fond du verre pour obtenir le même effet.

Pomponne et verre à vin en option

À la fin du XIXe siècle, apparaît également la pomponne, flûte sans pied, droite ou courbe, dont la tige se termine par un anneau ou une boule de verre, rappelant les cornes d’aurochs utilisées par les Gaulois pour fêter leurs victoires. Comme les convives ne peuvent déposer leurs verres, ils boivent le champagne vite et frais, ou s’en servent de tastevin, ce qui va en faire l’emblème de l’Ordre des Coteaux de Champagne au milieu du XXe siècle. Les champagnes Moët & Chandon, Mumm et Tsarine ont tenté de la faire renaître par des éditions limitées au début du XXIe siècle, mais son manque de praticité n’a pas plaidé en faveur d’une large diffusion.

On tend plutôt à découvrir, ces dernières années, les avantages du verre a vin, genre tulipe, avec une base un peu évasée pour les bulles et un buvant resserré pour les arômes. Très efficace pour une dégustation idéale, mais, il faut le reconnaître, moins élégant sur table ou dans la main.

Mieux éclairés, vous pouvez désormais choisir le contenant et il ne reste qu’à servir le contenu, de préférence en penchant légèrement le verre pour préserver davantage de bulles, afin de trinquer à cette nouvelle année 2018.