Deux groupes coopératifs viticoles de l’Aude, Uccoar et Val d’Orbieu, ont décidé de s’unir avec pour ambition de devenir la première force viticole de France, dotée d’une capacité de production de plus d’un million d’hectolitres de vin.

Nées dans les années 1970 et longtemps considérées comme rivales, Uccoar et Val d’Orbieu unissent aujourd’hui leurs forces. Le regroupement de tous leurs outils opérationnels devrait être effectif début septembre. La nouvelle entité représentera 17 000 ha de vignes, 2500 vignerons, entre un et 1, 2 million d’hectolitres de vin produit pour 3 millions d’hectolitres commercialisés, a indiqué Bertrand Girard, futur directeur général du nouvel ensemble.

Le chiffre d’affaires attendu de la nouvelle entité, dotée de 60 domaines et châteaux et de 13 centres de vinification, s’élève à quelque 300 millions d’euros. L’objectif est donc de devenir le premier producteur de France et de figurer parmi les cinq premiers producteurs mondiaux.

Le rapprochement sera finalisé après une phase juridique, d’audit et de consultation des autorités de la concurrence. La fusion entre Uccoar, dont le siège est à Carcassonne et Val d’Orbieu, basé à Narbonne, reflète une « volonté d’enterrer la hache de guerre et de travailler en commun pour renforcer le poids du secteur coopératif », a expliqué Patrick Bordessoule, président du directoire d’Uccoar.

Uccoar, spécialisé dans les vins de premier prix pour le hard discount et la grande distribution, ainsi que dans les vins aromatisés et sans alcool, connaissait une période difficile tandis que Val d’Orbieu avait amorcé son redressement (chiffres d’affaires passé à 188 millions d’euros en 2011 contre 168 millions d’euros en 2010).

Pour M. Girard, directeur de Val d’Orbieu (historiquement ancré dans les AOC du Languedoc, doté de 55 châteaux et domaines), il s’agit de réunir deux structures qui ont des activités complémentaires pour « peser plus sur le marché ».

Le marché mondial du vin, qui tourne autour de 250 millions d’hectolitres avec une consommation à peu près équivalente, « donne un peu raison aux producteurs aujourd’hui », a-t-il également expliqué. « Celui qui maîtrise le sourcing (l’approvisionnement, ndlr), le vignoble et la vinification prend un peu de poids ».