Comme chaque année, un artiste a été invité à donner sa vision de la plus vieille maison de champagne. Liu Bolin, célèbre performeur chinois livre un ensemble de photographies uniques et très émouvantes.

La maison Ruinart aime l’art. Et ce n’est pas nouveau. A la fin du XIXème siècle déjà, en 1896, André Ruinart demandait au célèbre Alphonse Mucha de produire une affiche de promotion des vins de la maison. Le résultat, ode à l’art nouveau, marquera durablement l’esprit de la maison et son attachement au monde artistique. De cette tradition séculaire sont nés des collaborations annuelles permettant à des artistes de tous horizons de venir en résidence chez Ruinart afin de donner leur vision des vins produits, du terroir, du patrimoine ou bien encore des hommes et femmes qui ont marqué son histoire et l’écrivent encore aujourd’hui. De grands noms de l’art contemporain se sont ainsi succédé : Jaume Plensa, Maarten Baas, Georgia Russell ou plus récemment Erwin Olaf et ses photographies dans les crayères qui mettaient en lumière d’infimes détails gravés dans la pierre des crayères. Cette année, place de nouveau à la photographie avec l’artiste chinois Liu Bolin mais avec un univers totalement atypique, fait de magie et de poésie. Un crédo : celui de se fondre totalement dans un paysage en pratiquant l’art du camouflage. Une idée nouvelle, née de la volonté en 2005 de témoigner du sort des vieilles maisons de Pékin qui étaient détruites sans ménagement pour faire place nette dans l’optique des jeux olympiques de 2008. Un cri silencieux de Liu Bolin invitant le spectateur à s’interroger sur l’impossible résistance des habitants et la disparition d’un patrimoine sacrifié sur l’autel d’un idéal de modernité.

Les équipes Ruinart intégrées au projet

En août 2017, Liu Bolin s’est donc installé chez Ruinart et s’est nourri de cet environnement nouveau et atypique. L’artiste a été marqué par exemple par l’immensité de certaines crayères hautes de plus de 30 mètres qui l’ont conduit à s’interroger notamment sur le temps et l’histoire. Voici donc l’une de ses œuvres, totalement grimé du bout des chaussures jusqu’à la pointe des cheveux afin de faire littéralement corps avec les pupitres accueillant les précieuses bouteilles. Cette démarche artistique impose au spectateur un temps d’observation minimal pour pouvoir percevoir la silhouette de l’artiste disparaissant. L’effet, une fois perçu, est saisissant et conduit immanquablement à s’interroger sur la perception globale de notre environnement souvent biaisée par le manque de temps. Chaque nouvelle photographie est l’occasion de revivre cette expérience, d’autant plus touchante que l’artiste a souhaité largement intégrer les collaborateurs de Ruinart à ses œuvres. Le chef de cave, Frédéric Panaïotis, est presque invisible dans les vignes aux côtés de Liu Bolin. Pablo, manipulateur de gyropalettes, est ici fondu dans les machines qu’il fait fonctionner au quotidien. Les travailleurs de la ligne de production dédiée au dégorgement sont comme effacés dans le métal où circulent en arrière-plan les bouteilles. Une approche qui a touché les protagonistes et qui démontre toute la sensibilité de l’artiste. Peut-être l’un des plus beaux hommages rendus à la maison Ruinart et ceux qui la font vivre au quotidien.

La maison Ruinart vous donne rendez-vous le 7 avril prochain avec « Terre de Vins » pour la deuxième édition de Champagne Tasting. Réservez vos places ci-dessous !

Samedi 7 avril 2018 11h à 19h
Hôtel Salomon de Rothschild
11 Rue Berryer, 75008 Paris

Tarifs
Pass Journée « Early bird » pour les premiers acheteurs : 15€
Pass Journée : 19€
Pass Journée + Abonnement 6 numéros : 25€