(Photos I. Bachelard et DR)
(Photos I. Bachelard et DR)

Fleuron des domaines de Jean Guyon, Château Haut Condissas est un de ces crus qui ont métamorphosé l’image du nord du Médoc. Une dégustation verticale de quelques millésimes le montre à son apogée avec le millésime 2005.

Il n’y a que les vrais passionnés de vin pour remonter dans le Médoc et s’aventurer au delà de Saint-Estèphe. C’est ce qu’a fait Jean Guyon en 1989 – un joli millésime pour s’installer – où il acquit 2 hectares de vignes à Bégadan, avec la modeste ambition de faire du vin pour lui et ses amis. Cette zone de By, à 70 km au nord de Bordeaux, était connue grâce au château La Tour de By, dont le vin était bien commercialisé dans les restaurants et chez les cavistes. Lui a vite fait connaître une autre étiquette, Château Rollan de By. Venu du monde de la décoration, Jean Guyon s’est pris au jeu de sa passion pour le vin. Il a eu l’œil pour repérer toutes les parcelles de vignes alentour qui méritaient d’être sauvées pour certaines, arrachées et replantées pour d’autres. Aujourd’hui, à côté de Rollan de By, il a réuni Château Haut Condissas (1995), le Château Tour Seran (2000), Château La Clare (2001), Château La Rose de By (2011) Château Greysac et Château Greysac, Château de By et Château du Monthil en 2012.

Un « jardin » planté en haute densité

Lorsque Château Haut Condissas a été ressuscité par Jean Guyon, il ne restait que 3 hectares. Mais ils étaient merveilleusement situés sur de belles croupes argilo-graveleuses. Petit à petit, le domaine s’est agrandi pour atteindre 15 hectares, tout en maintenant un âge moyen de vignes plus que respectables, 50 ans. Un élément qui explique aussi la profondeur de saveur du vin, tout comme l’équilibre de l’encépagement original avec 20% de petit verdot en complément des classiques 60% merlot, 10% cabernet sauvignon, 10% cabernet franc. Si le 2000 et le 2003 tiennent parfaitement la route, c’est dans un style assez puissant et soutenu par l’élevage en chêne neuf, auquel on peut préférer le classicisme médocain du 2005, magnifique actuellement, avec ses parfums délicatement épicés, son fruit éclatant en bouche et la vivacité qui lui confère un équilibre parfait. Il se savoure idéalement en ce moment et restera à ce niveau plusieurs années si on lui offre une cave adéquate. Le 2009 et le 2010 sont à la hauteur de la réputation de leur millésime, l’un sur le côté floral, l’autre plus minéral. Les deux sont constitués pour durer.

Et comme Jean Guyon ne se lasse pas d’innover, il présente son Château Rollan de By blanc, un 100% sauvignon qui n’est pas que parfum et séduit par son ampleur en bouche.